Editorial

Eu…Tana… sie

La campagne électorale pour les communales n’a même pas commencé que les uns s’y voient déjà à la tête de la capitale, les autres tracent un plan sur la comète. Les escarmouches ont déjà commencé entre les partisans des deux principaux candidats. Le fait est qu’on le veuille ou non, le mandat de Lalao Ravalomanana a été une totale déception. Les Tananariviens ont espéré qu’elle allait remettre de l’ordre dans la capitale surtout qu’elle a pris son mari comme premier conseiller. On s’attendait à ce que Marc Ravalomanana allait être le calife à la place du calife. Qu’il allait refaire ce qui avait permis à Antananarivo de redorer son blason durant la courte période, de 1999 à 2001, où il était le premier magistrat de la ville. On s’est trompé sur toute la ligne. A l’époque, Tiko était plus qu’un empire. Ravalomanana avait investi de sa poche, comme il l’avait révélé à Andry Rajoelina, nouveau maire élu qu’il avait reçu au palais d’Ambohitsorohitra en décembre 2007. Devenu président il se faisait rembourser à travers le fameux 3P où l’Etat investit pour Tiko. Il avait créé la société Alma qui raflait tous les marchés de réhabilitation des routes surtout à Tana.

Les choses ont radicalement changé depuis et entretemps il a scié l’arbre sur lequel il était assis en supprimant le statut spécial de la commune d’Antananarivo qui n’a plus été rétabli. La CUA n’a plus les moyens d’entretenir les rues dont la plupart sont dans un piteux état. Alma fait bel et bien partie de l’histoire. L’éclairage public reste ce qu’il est depuis 2009 malgré les promesses de campagne de Lalao Ravalomanana. La distribution d’eau reste problématique faute de nouvelles bornes fontaines contrairement à sa promesse électorale. La pénurie d’eau vient aggraver la situation.

Le mandat de Lalao Ravalomanana a été surtout marqué par des scandales de vente de trottoirs et des espaces libres partout dans la ville. Elle a été incapable de gérer les marchands de rue et la circulation considérablement perturbée par les charrettes et les pousse-pousse.

Une prolongation du mandat du TIM à travers son candidat ne changera pas grand chose avec une gestion mercantile et des moyens extrêmement limités. En outre, la Cua passera son mandat, comme cela a été le cas avec Lalao Ravalomanana à polémiquer avec le pouvoir central à propos de l’octroi de subvention. Pour arriver à un bilan foncièrement négatif.

Le futur maire devrait avoir beaucoup de courage, de volonté et surtout de détermination pour régler ces problèmes qui restent entiers. Le soutien du pouvoir central ne sera pas simplement financier et matériel mais surtout humain et militaire. Car il faut le dire, pour rétablir cette situation proche de la gangrène, la solution pommade sera abandonnée au profit d’une amputation pure et simple. Eh oui, c’est la maire à boire et il faut trancher dans le vif pour ressusciter la capitale et éviter l’eu… Tana… sie.

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