Affirmant agir dans le cadre de leur appui aux communautés locales affectées par le projet minier d’exploitation de terres rares dans le district d’Ambanja, l’Ong Craad-OI (Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement Océan Indien) et ses partenaires au sein de la société civile continuent de pointer du doigt la société Reenova Rare Earth Malagasy (RREM) et exigent la fin de ce projet minier. Pour Craad-OI, outre ses effets dévastateurs sur l’écosystème et sur les droits fondamentaux des populations concernées, le projet doit attirer l’attention des autorités et de l’ensemble de la population sur le manque de crédibilité et la réputation douteuse de cette société. Et l’Ong de noter que les opérations de marché (trading) de RREM ont été suspendues en novembre 2020, en raison de son incapacité à démontrer aux responsables de la Bourse de Singapour qu’elle était suffisamment stable financièrement pour poursuivre ses activités. Pour retrouver sa santé financière, la société RREM compterait sur un financement qui proviendra d’acheteurs potentiels pendant la production pilote sur le site d’Ampasindava, par le biais de dépôts sur la production. Se référant à un document produit par la société à l’intention de la bourse de Singapour le 19 octobre 2020, Craad-OI rapporte que jusqu’à six tonnes d’échantillons d’oxydes de terres rares seront produits dans les quatre mois suivant le début de la production pilote, mais qu’elle vise à produire entre 300 et 800 tonnes d’oxydes de terres rares pendant la phase pilote. En attendant d’obtenir son permis d’exploitation, RREM jouerait sur le fait que la législation n’impose aucune limite en termes de quantité dans le cadre de cette phase. De plus, toujours d’après ce document, elle prévoit implicitement de vendre ces produits, faisant fi de la loi malagasy interdisant la commercialisation des minéraux extraits dans le cadre des permis de recherche. Craad-OI révèle en outre que RREM vient de signer des contrats de coopération avec deux sociétés chinoises (China Nonferrous Metal Mining et Sinosteel Group) dont les réputations devraient interpeller les autorités malagasy, car « elles renforcent le scepticisme et la méfiance concernant toutes les promesses que REEM pourrait faire en matière de conformité et de respect des principes et normes en matière de droits humains et de préservation de l’environnement en vue d’obtenir son permis d’exploitation ». Enquête à Singapour Il est indiqué aussi que la société RREM fait l’objet de deux enquêtes en cours menées par le département des affaires commerciales de la police de Singapour pour des infractions à la loi sur les valeurs mobilières et les contrats à terme, l’une ayant débuté en 2014 et la seconde en décembre 2016. L’une de ces affaires implique John Soh Chee Wen, accusé d’être l’un des cerveaux du krach boursier de Singapour de 2013 au cours duquel 6,04 milliards de dollars sont partis en fumée. Les enquêteurs ont remarqué que des comptes de trading liés à John Soh Chee Wen étaient impliqués dans la montée en flèche de 2 800 % des actions entre mai et novembre 2016. La même année, deux rapports ont évalué le projet d’exploitation de terres rares à Madagascar à plus d’un milliard de dollars, mais tous deux ont été jugés non valables par la Bourse de Singapour. Une troisième évaluation en 2017 a souligné que le projet n’était évalué qu’à 48 millions de dollars. Selon Craad-OI et ses partenaires, tous ces faits indiquent que RREM n’est « en aucun cas un investisseur fiable qui pourrait réellement contribuer au développement de Madagascar dans le cadre d’un Etat de droit ». Ils exhortent alors les autorités du pays à respecter les droits humains de la population, en reconnaissant en l’occurrence sa souveraineté sur ses ressources naturelles et son « droit de dire non » à ce projet qui, selon eux, portera indéniablement atteinte à ses droits fondamentaux. Ils demandent également à l’Etat malagasy d’empêcher que des tiers comme la société RREM, à la « réputation douteuse et peu fiable tant sur le plan financier que sur celui du respect des normes internationales relatives à la protection de l’environnement et des droits de l’homme », de nuire à l’écosystème naturel du pays et de porter atteinte aux droits de sa population. Craad-OI et ses partenaires veulent, par conséquent, l’interdiction de la conduite des essais pilotes préconisés par cette société, et le refus officiel de l’octroi d’un permis d’exploitation. Et de conclure que Madagascar doit faire « le choix délibéré d’une politique de développement économique détachée du système extractiviste dominant, et guidée par les principes du développement durable, notamment en adoptant comme alternative systématique, la promotion des investissements écologiquement et socialement responsables ».
Affirmant agir dans le cadre de leur appui aux communautés locales affectées par le projet minier d’exploitation de terres rares dans le district d’Ambanja, l’Ong Craad-OI (Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement Océan Indien) et ses partenaires au sein de la société civile continuent de pointer du doigt la société Reenova Rare Earth Malagasy (RREM) et exigent la fin de ce projet minier. Pour Craad-OI, outre ses effets dévastateurs sur l’écosystème et sur les droits fondamentaux des populations concernées, le projet doit attirer l’attention des autorités et de l’ensemble de la population sur le manque de crédibilité et la réputation douteuse de cette société. Et l’Ong de noter que les opérations de marché (trading) de RREM ont été suspendues en novembre 2020, en raison de son incapacité à démontrer aux responsables de la Bourse de Singapour qu’elle était suffisamment stable financièrement pour poursuivre ses activités. Pour retrouver sa santé financière, la société RREM compterait sur un financement qui proviendra d’acheteurs potentiels pendant la production pilote sur le site d’Ampasindava, par le biais de dépôts sur la production. Se référant à un document produit par la société à l’intention de la bourse de Singapour le 19 octobre 2020, Craad-OI rapporte que jusqu’à six tonnes d’échantillons d’oxydes de terres rares seront produits dans les quatre mois suivant le début de la production pilote, mais qu’elle vise à produire entre 300 et 800 tonnes d’oxydes de terres rares pendant la phase pilote. En attendant d’obtenir son permis d’exploitation, RREM jouerait sur le fait que la législation n’impose aucune limite en termes de quantité dans le cadre de cette phase. De plus, toujours d’après ce document, elle prévoit implicitement de vendre ces produits, faisant fi de la loi malagasy interdisant la commercialisation des minéraux extraits dans le cadre des permis de recherche. Craad-OI révèle en outre que RREM vient de signer des contrats de coopération avec deux sociétés chinoises (China Nonferrous Metal Mining et Sinosteel Group) dont les réputations devraient interpeller les autorités malagasy, car « elles renforcent le scepticisme et la méfiance concernant toutes les promesses que REEM pourrait faire en matière de conformité et de respect des principes et normes en matière de droits humains et de préservation de l’environnement en vue d’obtenir son permis d’exploitation ». Enquête à Singapour Il est indiqué aussi que la société RREM fait l’objet de deux enquêtes en cours menées par le département des affaires commerciales de la police de Singapour pour des infractions à la loi sur les valeurs mobilières et les contrats à terme, l’une ayant débuté en 2014 et la seconde en décembre 2016. L’une de ces affaires implique John Soh Chee Wen, accusé d’être l’un des cerveaux du krach boursier de Singapour de 2013 au cours duquel 6,04 milliards de dollars sont partis en fumée. Les enquêteurs ont remarqué que des comptes de trading liés à John Soh Chee Wen étaient impliqués dans la montée en flèche de 2 800 % des actions entre mai et novembre 2016. La même année, deux rapports ont évalué le projet d’exploitation de terres rares à Madagascar à plus d’un milliard de dollars, mais tous deux ont été jugés non valables par la Bourse de Singapour. Une troisième évaluation en 2017 a souligné que le projet n’était évalué qu’à 48 millions de dollars. Selon Craad-OI et ses partenaires, tous ces faits indiquent que RREM n’est « en aucun cas un investisseur fiable qui pourrait réellement contribuer au développement de Madagascar dans le cadre d’un Etat de droit ». Ils exhortent alors les autorités du pays à respecter les droits humains de la population, en reconnaissant en l’occurrence sa souveraineté sur ses ressources naturelles et son « droit de dire non » à ce projet qui, selon eux, portera indéniablement atteinte à ses droits fondamentaux. Ils demandent également à l’Etat malagasy d’empêcher que des tiers comme la société RREM, à la « réputation douteuse et peu fiable tant sur le plan financier que sur celui du respect des normes internationales relatives à la protection de l’environnement et des droits de l’homme », de nuire à l’écosystème naturel du pays et de porter atteinte aux droits de sa population. Craad-OI et ses partenaires veulent, par conséquent, l’interdiction de la conduite des essais pilotes préconisés par cette société, et le refus officiel de l’octroi d’un permis d’exploitation. Et de conclure que Madagascar doit faire « le choix délibéré d’une politique de développement économique détachée du système extractiviste dominant, et guidée par les principes du développement durable, notamment en adoptant comme alternative systématique, la promotion des investissements écologiquement et socialement responsables ».