Accueil » A la une » Électricité – Rajoelina convoque le personnel de la Jirama
A la une Politique

Électricité – Rajoelina convoque le personnel de la Jirama

Le directeur général par intérim  de la Jirama et le président du conseil d'administration face à la presse, hier.

Une fois de plus, les problèmes d’approvisionnement en électricité ont été au menu d’un déplacement présidentiel. À Mandoto, Andry Rajoelina annonce une rencontre avec le personnel de la Jirama la semaine prochaine.

Jouer car tes sur table. Voilà l’objectif d’un rendez-vous annoncé par Andry Rajoelina, président de la République, hier, à Mandoto. Il s’agit d’une réunion qu’il tiendra avec les responsables et le personnel de la Jirama. Outre faire un état des lieux de la situation et des problè­mes qui minent cette entreprise, des solutions à court, moyen et long terme devraient en découler.

Depuis quelque temps, les problèmes d’approvision­nement en électricité s’inviten t sys téma tiquemen t dans les sorties ou les déplacements présidentiels. À Ambovombe, en juin, par exemple, il a déclaré que si la situation perdurait, il allait prendre des mesures. À Mandoto, hier, les affres causés par la problématique énergétique ont, une nouvelle fois, été portées de vive voix à la connaissance du président. À un certain moment, ce district n’a eu droit qu’à moins de deux heures d’électricité par jour. La coupe est pleine, visiblement. Dans son allocution devant les habitants de Mandoto, Andry Rajoelina annonce qu’il tiendra une réunion avec le personnel de la Jirama, la semaine prochaine. “Nous allons décider des solutions pour résoudre ce problème. Nous allons faire ensemble, un Velirano devant la population. Il y aura des solutions à court et à long terme”, déclare le locataire d’Iavoloha.

Prenant le cas de Mandoto en exemple, le président ajoute: “Ce n’est pas normal que les usagers ne jouissent que de trente minutes ou d’une heure d’électricité alors que l’État alloue d’importantes sub­ventions”. Depuis plusieurs années, la Jirama a bénéfi­cié jusqu’à 300 milliards d’ariary de subvention étatique, chaque année. La loi de finances rectificative récem­ment votée par le Parlement révise même à la hausse cette somme et prévoit une enveloppe de 500 mil­liards d’ariary à cet effet.

Dans les faits, les services de l’entreprise d’eau et d’électricité continuent pourtant à se détériorer. En parallèle, les dettes envers ses créanciers s’accumulent et atteignent des sommets. De prime abord, les allocations annuelles à la Jirama, prélevées sur les deniers publics n’ont aucun effet.

Opération recouvrement

Face à la dégradation de la situation que les usagers tolèrent de moins en moins, une prise en main s’impose, vraisemblablement. C’est justement le but de la rencon­tre qui se tiendra la semaine prochaine, sauf changement de programme. Il est plus que temps, d’autant plus, que sous la pression de l’opinion publique, mais aussi politique probablement, une crise sociale couve à la Jirama. Le syndicat des employés se désolidarise du patronat de l’entreprise, en effet. Il soutient que le problème rencontré par la Jirama, aujourd’hui, découle d’une mauvaise gouvernance. Les syndiqués pointent, également, du doigt le manque de dynamisme des responsables de l’entreprise dans le recouvrement des impayés de certains usagers, notamment, de grosses écuries. Message reçu, visiblement. Durant une conférence de presse, hier, à Ambohimanambola, le conseil d’administration et la direction de la Jirama ont annoncé une opération recouvrement. Un task force sera ainsi mise en place pour effectuer des recouvrements “intensifs et rapides”, selon les mots de Solo Andria­manampisoa, président du conseil d’administration de la Jirama. L’opération s’annonce colossale. Il parle de plus de 300 milliards d’ariary de manque à gagner pour la Jirama. Rivo Radanielina, directeur général par intérim de l’entreprise parle d’une perte annuelle de 100 milliards d’ariary, à cause des vols et des fraudes. À cette somme s’ajoutent plus de 200 mil­- liards de créances non payées. Pour donner une idée de l’importance de ce manque à gagner d’un total de plus de 300 milliards d’ariary, Solo Andriamanampisoa donne un exemple. “Pour mettre fin au délestage à Antananarivo, il faut 100 millions d’ariary par jour, soit environ 3 milliards d’ariary par mois. La perte de 100 mil­- liards d’ariary par an équivaut pourtant à 8 milliards d’ariary par mois”, note-t-il. Il ajoute, “le chiffre d’affaires annuel de la JIRAMA est de 750 mil­liards d’ariary par an. Ses créances s’élèvent cependant à 200 milliards d’ariary, soit 30% de ce chiffre d’affaires”.

Le président du conseil d’administration de la Jirama affirme que recouvrer l’ensemble des manques à gagner de l’entreprise permettrait “d’investir pour améliorer la qualité des services”. Sur sa lancée, Solo Andriama­nampisoa indique que “l’opération spéciale”, à mener pour renflouer les caisses de la Jirama, implique aussi plus de rigueur à l’intérieur de l’entreprise. À entendre ses propos et ceux de Rivo Radanielina, l’éventualité de l’existence de complicités ou de corruption en interne concernant les fraudes, les vols, ou la gabegie comme sur la gestion du carburant, est prise au sérieux.

“Les efforts seront menés en dehors, mais aussi à l’intéri­eur”, affirme Rivo Radanielina. Ce qui pourrait expliquer la montée au filet du syndicat du personnel. La meilleure défense étant l’attaque. À tous ces paramètres financiers cités précédemment, s’ajoute la vente à perte que fait la Jirama sur l’éle­ctricité. Face aux députés, durant la dernière session parlementaire, Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, ministre de l’Economie et des finances, a parlé d’un gap de 60 milliards d’ariary par mois, causé par cette vente à perte. Le cas de la Jirama est ainsi une équation à plusieurs inconnues que devra solutionner la réunion de la semaine prochaine.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter