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Sommet de l’IDA – L’Afrique réclame cent milliards de dollars

Entretien  entre  Andry  Rajoelina  et  le  président  ivoirien  Alassane Ouattara

Les dirigeants africains plaident pour que la XXe reconstitution des ressources de l’IDA atteigne une enveloppe d’au moins cent milliards de dollars. Pour Madagascar, l’enjeu est de booster son émergence.

L a solidarité. Voilà l’argument mis en avant par les dirigeants africains durant la réunion de haut niveau pour la XXe reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (IDA-20), à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Durant ce sommet, vingt trois chefs d’État et de gouvernement, dont Andry Rajoelina, président de la République, ont parlé d’une seule voix pour que l’enveloppe du prochain cycle de financement de l’IDA soit d’au moins cent milliards de dollars. « Madagascar milite pour que les fonds de l’IDA prévus à hauteur de 92 milliards de dollars atteignent au moins les cent milliards de dollars ». renchérit le locataire d’Iavoloha, sur son compte Twitter.

La XXe reconstitution des ressources de l’IDA vise à soutenir la relance post-crise sanitaire des pays bénéficiaires. Cette manne devra, également, appuyer le déclen­chement de la transformation économique des nations africaines. Le thème du rendez vous est, justement, « Reconstruire en mieux après la crise: mettre le cap sur un avenir vert, résilient et inclusif ».

Dans la déclaration commune à l’issue du sommet d’hier, il a été indiqué que durant les cinq prochaines années, les besoins de financement supplémentaires à l’échelle du continent africain pour redresser les conséquences de la pandémie, relancer l’économie et lutter contre le changement climatique « sont estimés à 285 mil­liards de dollars ». Cela nécessite la maximisation des ressources financières internes et externes.

Les dirigeants africains sont, toutefois, conscients que la mobilisation de leurs ressources intérieures ne suffira pas. Il faut donc, maximiser les sources de financement internationaux. L’appel à une reconstitution plus ambitieuses des ressources de l’IDA jusqu’à cent milliards de dollars, au moins, est une étape donc.

Changement radical

L’IDA est une des institutions constitutives du groupe Banque mondiale. Elle soutient les pays à faible revenu par le biais de don ou de prêt à taux faibles ou nul. Cela passe par la mobilisation de fonds alloués par des donateurs internationaux et les marchés financiers. Chaque État bénéficiaire fait, ensuite, valoir son programme de développement pour avoir le maximum de financement possible.

« Ainsi, la participation de Madagascar à l’IDA-20 est d’autant plus significative car elle témoigne l’intérêt considérable que porte le pouvoir actuel à mettre en œuvre des projets structurants en faveur du dévelop­pement durable de Madagascar notamment après la crise mondiale de la Covid-19 », avance le communiqué de presse de la présidence de la République.

Dans une publication faite sur son compte Twitter, Andry Rajoelina soutient que Madagascar compte profiter du sommet d’Abidjan pour « mobiliser ses partenaires pour un développement durable, social et inclusif autour de projets concrets pour l ‘émergence de Madagascar ». Le challenge est d’au moins faire aussi bien que cette année. Dans le cadre de l’IDA-19, La Grande île bénéficie d’une enveloppe de 1,1 milliards de dollars.

Comme il l’a affirmé sur les réseaux sociaux, le président de la République a mis en avant les domaines prioritaires critiques à financer à Madagascar. Outre la relance post-coronavirus et la concrétisation du programme d’émergence, la Grande île fait face à un autre défi majeur, la lutte contre l’insécurité alimentaire causée par le changement climatique dans le Sud. Un sujet qui cadre avec l’un des principaux axes de l’IDA-20.

« Malgré les actions menées depuis plusieurs décennies et toutes les aides internationales, la famine y est encore persistante. Mes compatriotes du Sud subissent un lourd tribut de la crise climatique à laquelle ils n’ont pas participé. Face à cela, nous devons trouver des solutions plus adéquates, plus innovantes et endogènes », a plaidé le locataire d’Iavoloha. Face à l’assistance, Andry Rajoelina a soutenu que pour vaincre le kere, « l’urgence n’est pas seulement à l’intervention ponctuelle d’aides alimentaires et médicales, comme cela aurait pu être le cas auparavant. Elle est surtout celle de l’action stratégique pour apporter un changement radical et durable afin de créer une véritable renaissance dans les régions du Grand Sud de Madagascar et pour que les populations soient résilientes et autonomes ».

Coopération bilatérale

La participation à la réunion de haut niveau d’Abidjan est le premier déplacement officiel du président de la République à l’étranger, depuis le début de la pandémie. En marge de l’événement, il s’est entretenu avec Alassane Ouattara, président ivoirien. L’occasion pour les deux Chefs d’Etat d’affirmer le renforcement des relations bilatérales entre les deux pays. Une intention soulignée par l’invitation du président Rajoelina pour une visite officielle en Côte d’Ivoire.

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