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Editorial

MIDoscopie

Limites inconnues. Jusqu’où la montée de l’euro sur l’échelle des valeurs au Marché Interbancaire de Devises, MID, va-t-elle s’arrêter? Ou plutôt, la chute vertigineuse de l’ariary va-t-elle connaître un répit? La monnaie européenne a passé, sans encombre, la barre des 4 300 ariary, considérée comme la ligne de résistance. Un cap franchi est souvent irréversible en la matière. La Banque centrale, le dernier recours, n’a pas encore jugé utile d’intervenir. Elle laisse le mécanisme de la loi de l’offre et de la demande faire son travail. Ce qui ramène à une proposition mainte fois avancée.

Pourquoi ne pas ouvrir le MID à tous les détenteurs d’euros et de dollars? Par la suppression des changes au noir, s’étalant au grand jour. Marc Ravalomanana les a interdits, mais la mesure en question n’a jamais été suivie d’actes concrets. Il a aussi proscrit le paiement en devises, par exemple des loyers des luxueuses villas ou des appartements de hautstanding, très pratique par la volatilité de l’ariary. Mais tout le monde a passé outre ces « entraves » à des principes fondamentaux du libéralisme économique.

Or, l’objectif étant de ramener sur le circuit financier formel, d’épais matelas de coupures en euros ou en dollars, endormis quelque part. Car, avec son système d’exploitation actuel, comme à ses débuts en 1994 du reste, le MID, comme son appellation l’indique, reste une chasse gardée des banques et de leurs clients. Des donneurs d’ordre. Pourtant, des tentatives de transfert de sommes importantes en euros vers l’étranger, souvent interceptées inextremis sur le tarmac de l’aéroport d’Ivato, révèlent l’existence d’un marché parallèle florissant et prospère.

Aussi, la dépréciation chronique actuelle de l’ariary, peut-elle provenir d’abord des manœuvres spéculatives des « acteurs privilégiés » du MID. Avant d’être l’exact reflet d’une économie exsangue. Par la mort lente des activités créatrices de richesses et d’emplois. Qu’elles soient issues du tourisme, du textile ou de l’industrie extractive, elles sont toutes étouffées sous l’emprise du coronavirus. Il va de soi que l’équilibre déjà précaire de la balance de paiement en pâtira davantage. À l’mage de la balance commerciale, déficitaire en faveur des importations. Aussi bien en valeur qu’en volume.

L’autre solution avancée consisterait à abandonner la double-cotation eurodollar. Parce que l’ariary ne profite guère de l’ascendance de l’un sur l’autre. Quant à l’idée de remettre en selle l’or comme monnaie-étalon, une ancienne pratique, elle doit démontrer son efficacité au XXIe siècle. Et surtout convaincre les bailleurs de fonds à reconnaître « la convertibilité » des réserves des lingots du métal jaune.

Un souci majeur se profile déjà à l’horizon. L’ariary qui ne vaut pas un clou va être une raison suffisante pour majorer les prix du carburant. Une intense préparation psychologique dans ce sens se déploie dès maintenant. Coût de pompe attendu.

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