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Thérapie – Le nombre de psychologues augmente

Les demandes de soutien psychologique sont de plus en plus pressantes. Les professionnels sont encore rares.

En quête d’un psychologue. Onja R., une jeune mère de famille, veut un accompagnement psychologique pour son jeune fils de 8 ans. « Il refuse tout contact avec l’extérieur. Il a quitté les bancs de sa classe, il ne sort plus de la maison. C’est arrivé après une violente dispute entre son père et moi, qui a failli mettre fin à notre mariage.

Je veux que mon fils retrouve une vie normale, c’est un enfant très intelligent », témoigne sa mère.

Les demandes de consultation de psychologue augmentent peu à peu, chez nous, selon le rapport de quelques professionnels du métier. Le domaine de la psychologie commence à se faire connaître. «Par ma pratique, j’affirme que beaucoup de patients viennent à moi. Depuis 2015 où j’exerce ce métier, je reçois en moyenne une trentaine par
mois», a indiqué Holitiana Rajaonarivony Rabarison, psychologue clinicienne et présidente de l’association des psychologues, hier. Kolo Randria­manana, une autre psycho­logue, recevrait jusqu’à six patients par jour.

On consulte un psychologue pour d’innombrables raisons: problème de couple, problème d’éducation, problème familial, stress, anxiété.

S’épanouir
De plus en plus de personnes seraient touchées par le stress et l’anxiété, face au rythme de la vie quotidienne. L’éclatement des couples serait fréquent et l’éducation familiale va de travers, face à la crise socio-économique qui s’accentue.

« Même les personnes qui n’ont pas de problème peuvent venir nous voir », enchaine Kolo Randriamanana. Ces professionnels ont pour rôle de procéder à un soutien et un suivi psychologique, afin d’aider leur patient à s’épanouir, à s’améliorer et à aller de mieux en mieux, sans traitements médicamenteux. Ce sont les psychiatres uniquement qui peuvent prescrire des médicaments.

À Madagascar, la psychologie reste fragile. L’effectif des spécialistes ne répond pas aux besoins. Il n’y a, pour le moment, qu’une vingtaine de psychologues qui exercent sur le territoire, et presque la totalité se
trouve dans la capitale. Huit viennent d’être diplômés, cette année, et cinq, l’année dernière. Ce sont des sortants de l’Université catholique de Madagascar (UCM), le premier et l’unique institut qui offre des formations en psychologie, sur le territoire. « Ils officient dans différents domaines, les uns travaillent dans des hôpitaux, d’autres dans des sociétés. Il y a ceux qui tiennent leur propre cabinet », détaille le Dr Olivier Rakotomalala, psychologue et responsable du département de psychologie à l’UCM.

La thérapie est, jusqu’ici, un luxe pour la population générale. Le coût de l’accompagnement n’est pas à la
portée de tous. Alors que beaucoup ont besoin d’un accompagnement psychologique, à savoir les malades, les victimes d’un accident de la circulation, les enfants de parents divorcés, ainsi de suite.