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Intoxication alimentaire – La viande de tortue tue quatre personnes

La consommation de la chair d’une tortue de mer « fanohana » a été à l’origine de l’intoxication alimentaire.

Une intoxication collective a fait une cinquantaine de victimes à Belo-Sur-Mer. Des nourrissons et une personne âgée n’ont pas survécu.

Inadvertance. La consommation d’une espèce protégée a été fatale à Belo-Sur-Mer. Quatre personnes, dont trois enfants, ont trouvé la mort dans ce petit village de la région du Menabe, en quelques jours, après avoir pris des repas à base de viande de tortue de mer appelée Fanohana, une espèce marine menacée d’extinction. Selon les scientifiques dépêchés sur place, dès que l’incident est survenu. Les algues que consomme cette espèce ne sont pas comestibles et ont causé cette intoxication alimentaire.

Le rapport de la Gendar­merie sur cet « accident » est accablant. Deux nourrissons, de 10 et de 18 mois ont succombé, en premier, le 8 mai. Le drame ne s’est pas arrêté là. Une fillette de 5 ans meurt, le 12 mai.
Un sexagénaire qui ne croyait pas que la consommation de cet animal soit mortelle, en a ingurgité. Ironie du sort, il trouve la mort, le 13 mai, à 6 heures du matin. Au total, cinquante-quatre personnes sur les soixante-sept qui en ont mangé, sont tombées malades dans ce village de pêcheurs. Quatre d’entre elles ont été hospitalisées.

En garde à vue
Toutes ont présenté les mêmes symptômes : des vomissements, de la diarrhée, et des vertiges. Quel­ques victimes sont tombées dans le coma. « Le nombre de décès aurait été plus important, si l’intervention n’était pas rapide », ont affirmé les médecins, lors d’une réunion sur l’explication de l’intoxication alimentaire, aux membres de l’organisation mixte de contrôle (OMC) et des responsables de la région Menabe.
Le capitaine Herimam­pianina Andriamananjatovo, commandant de compagnie de la gendarmerie de Moron­dava a affirmé qu’aucune des victimes vivantes n’était hospitalisée, depuis hier.

L’intoxication à la viande de tortue de mer est fréquente à Madagascar. En 2014, par exemple, quatre décès ont été enregistrés à Nosy-Be.
C’est un pêcheur dans le village des Vezo qui aurait attrapé l’animal dans son filet et qui aurait vendu sa chair aux villageois, le 7 mai. Cet homme qui serait derrière cette intoxication collective, est en garde vue.

« L’enquête est en cours. Le Procureur a sollicité sa garde à vue », conclut la source auprès de la gendarmerie. L’affaire pourrait être traduite en justice.