Chronique de Vanf

Assemblée Nationale : siffler la fin de la récré

Et si on abrogeait les députés ? Je veux dire : si on supprimait l’Assemblée Nationale ? Voilà une institution, tout à fait honorable dans les pays de vieille démocratie où les députés exercent leur fonction de contrôle, de contre-pouvoir et de proposition avec zèle et patriotisme. Malheureusement, chez nous, les députés sont surtout célèbres pour toucher des pots-de-vin et vendre leur suffrage au plus offrant.

À ce sujet, la proposition de loi que porte un consortium de la société civile (ONG Tolotsoa, TI IM, ONG Ivorary, MIEL, Hetsika Rohy) sur le recouvrement des avoirs illicites devrait être expressément rétroactive : qu’aucun de ces escrocs et leurs progénitures ne puisse profiter des dividendes de ces biens mal acquis. Parce que la vraie injustice, elle est là : que les enfants et petits-enfants de voleurs accèdent à un train de vie et de grandes écoles qu’une vie laborieuse normale ne leur aurait peut-être pas permis. Après, pour les auteurs principaux, la peine de prison me semble plus clémente qu’une interdiction d’inhumation dans la tombe familiale assortie de l’éparpillement dans une fosse commune, non pas celle des indigents innocents, mais une fosse commune dédiée à tous les malfaiteurs et désignée à l’opprobre éternel. Un vrai enterrement de «mpamosavy».

Elle se termine quand cette campagne électorale pour les législatives ? Nos tympans ont plus qu’assez de cette kermesse grossière à longueur de journée. Une campagne péniblement bruyante, mais singulièrement muette sur le plan des idées.

Ont-ils seulement des convictions ces candidats ? Que pensent-ils de la peine de mort que leurs prédécesseurs en médiocrité avaient abolie aveuglément ? Que pensent-ils du droit à l’avortement ? Que pensent-ils de la dépénalisation de l’adultère ? Que pensent-ils de la modernisation du Code du divorce ? Que pensent-ils de la renationalisation de certains secteurs ?

Un seuil minimal de taux de participation devrait être fixé, en-deçà duquel toute élection sera annulée d’office. Il n’est pas normal que les finances publiques, c’est-à-dire finalement l’argent de tout le monde, supportent la charge des émoluments et autres avantages de rigolos élus par moins du tiers des électeurs de chaque circonscription.

Supprimer l’Assemblée Nationale. Avoir l’audace et l’imagination d’un autre Droit Constitutionnel qui s’inspire d’un «Esprit des Lois», non pas selon Montesquieu, mais suivant le principe posé par Solon (640-558 avant J.C.) : «Je n’ai pas fait les meilleures lois qu’il eût été possible de faire, mais je les ai faites aussi bonnes que les Athéniens peuvent les supporter».

Ça, oui, ça mériterait un référendum. Mais, j’ai un doute. Si les candidats aux élections se comportent comme s’ils s’adressaient à des enfants, serait-ce parce que l’électorat malgache a le quotient intellectuel d’un enfant ? À quoi bon, dans cette hypothèse qui tend à se vérifier scrutin après scrutin, confier une décision aussi fondamentale à l’appréciation d’une cour de récréation.

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