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Lutte contre la corruption – Bianco, changement ou continuité ?

Le directeur général du BIANCO aspire à ce que la volonté politique de lutter contre la corruption se traduise en acte volontaire à tous les niveaux. 

Jean Louis Andriamifidy quittera sa fonction de directeur général du BIANCO, en juin. Sous son mandat, la répression de la corruption s’est intensifiée, notamment, contre les gros bonnets.

Serein. C’est ainsi que Jean Louis Andria­mifidy, directeur général du Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO), décrit ses sentiments à l’approche de la fin de son mandat à la tête de cet organe. Dans une interview publiée par l’Hebdo de l’Express de Madagascar, vendredi, le magistrat déclare alors, « je quitterai ma fonction le 23 juin, avec un sentiment serein d’avoir réalisé ce que j’ai pu faire, tenant compte des moyens à ma disposition (…) ».
Le mandat du numéro un actuel du Bureau d’Ambo­hibao, arrive à terme. La loi sur la lutte contre la corruption prévoit qu’il « est nommé pour un mandat de cinq ans non renouvelable ». En vue de son remplacement, un appel à candidature est déjà lancé par le Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI). Cette entité qui devra, également, mettre en place un comité ad hoc qui sélectionnera les candidats.
La loi sur la lutte contre la corruption toujours, ajoute que « le président de la Répu­blique nomme », le directeur général du BIANCO parmi « trois candidats proposés par le comité ad hoc ». A l’orée du départ de Jean Louis Andria­mafidy, des questionnements et appréhensions se chuchotent sur l’avenir de la guerre contre le fléau qu’est la corruption.

Respect de la loi
« J’affirme avec modestie que le BIANCO, (…) a avancé dans la lutte contre la corruption durant mon mandat », affirme le magistrat, dans l’interview de vendredi. Il ajoute, « Je la qualifie d’un éveil de l’organe, après une décennie de léthargie qui a plongé notre pays dans la pauvreté ». Mis en place en 2004, le Bureau d’Ambohibao a, un temps, été considéré comme un simple épouvantail.
La répression de la corruption et des délits qui s’y rapportent s’est, effectivement, intensifiée ces dernières années. Pour la première fois, de gros bonnets ont été appréhendés et placés en détention. S’il était considéré comme un simple organe de dissuasion durant plusieurs années, il s’est avéré que le Bureau pouvait agir. Une avancée que Jean Louis Andriamifidy met sur le compte de « la volonté et la détermination ».
Le magistrat souligne qu’« être directeur général du BIANCO pour un pays en mal de gouvernance comme Madagascar, est un sacerdoce. (…) Sans une volonté ferme, on ne peut pas espérer des résultats concrets dans la lutte contre la corruption ». Une volonté infaillible de mener la guerre contre la corruption est attendue du futur numéro un du Bureau d’Ambohibao.
« Le respect intégral de la loi dans ma nomination, contrairement à celle de mes deux prédécesseurs est un gage d’indé­pendance et de confiance pour moi », ajoute-t-il. Une manière d’indiquer que l’efficacité et l’indépendance du BIANCO est, également, tributaire des conditions de nomination de son numéro un. Bien que critiqué par certains, l’amélioration de la communication du Bureau a, également, contribué à faire connaître ses actions, mais aussi, à le protéger des interventions et pressions.
Le mandat de Jean Louis Andriamifidy est marqué par une redevabilité affirmée, impliquant la publication périodique de l’issue des affaires traitées par le BIANCO. Il y a, aussi, la réforme des textes pour renforcer la lutte contre la corruption. Elle prévoit, notam­ment, la création des Pôles anti-corruption (PAC). Comme suggestion pour bétonner ce cadre juridique, le magistrat suggère une retouche de la disposition constitutionnelle de la Haute cour de justice (HCJ).
« Il importe de rénover une partie de la Constitution sur la HCJ en rajoutant la phrase, « sauf pour les infractions en matière de corruption » ». Il invite, par ailleurs, Andry Rajoelina, président de la République, à adopter par ordonnance, le projet de loi sur le recouvrement des avoirs. Un texte bloqué par l’Assemblée nationale. La fin du mandat du numéro un de l’organe d’Ambohibao coïncide avec les débuts de l’administration Rajoelina.
Le pouvoir martèle sa volonté de mettre fin à l’impunité et de lutter contre la corruption. « J’insiste sur la volonté politique. (…) Il ne suffit pas seulement d’avoir une vision ou une stratégie. Encore faut-il passer à l’action de son propre gré et non à la suite d’une interférence extérieure. Il nous manquait encore cette volonté politique », indique Jean Louis Andriamifidy.

2 commentaires

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  • Grosse anomalie ! Le DG du bianco ne devrait pas être désigné par le PRM . C’est un gage d’une vraie bonne gouvernance .On chuchote que la loi sur le recouvrement des avoirs illicites sera adoptée par ordonnance . Ce serait un signal fort pour la lutte contre l’impunité et la corruption .

  • même si le directeur de la bianco change , cela ne veut dire que le travail et l’effort sur la lutte contre la corruption va diminuer, au contraire puisque le président andry rajoelina est prêt pour combattre jusqu’à sa racine ce phénomène qui est responsable de la pauvreté des malagasy .