Economie

Energie – La JIRAMA s’offre une réputation

Le directeur général de la Jirama au premier plan.

Les producteurs indépendants d’électricité pourront désormais être couverts des impayés par la Facilité régionale de soutien aux liquidités.

Un éclairci pour l’avenir. Alors que la Jirama s’enlise dans les dettes, elle n’en garde pas moins un œil sur l’avenir. Une obligation à l’heure de la transition énergétique. L’outil de l’agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique (ACA) a présenté ce jour la Facilité régionale de soutien aux liquidités (RLSF) dont bénéficieront les producteurs indépendants d’électricité (IPP) qui contracteront avec la Jirama pour les futurs projets de production d’électricité. Concrètement, il s’agit d’un fonds de garantie appelé à protéger ces opérateurs contre le risque éventuel de retards de paiement de la part de la Jirama, une réputation qui devance la compagnie nationale ces dernières années. La RLSF peut ainsi couvrir jusqu’à trois à six mois de revenus.

Garanties en espèces
De nombreux projets n’ont pas pu voir le jour à cause de l’absence de ce genre de couverture, explique-t-on du côté de l’ACA. Une affirmation confirmée par le directeur général de la Jirama Olivier Jaomiary qui a déclaré que c’est l’une des raisons pour lesquelles l’hybridation des quarante-cinq sites de production hors RIA (réseau inter-connecté d’Antanana­rivo) a pris du temps. D’après lui, la participation de Mada­gascar à la RLSF devrait convaincre les investisseurs jusque-là frileux, à juste titre. Il a alors lancé que les quarante-cinq sites dont les appels d’offre ont été lancés en janvier 2018, devraient pouvoir être livrés d’ici la fin de l’année. Le ministre de l’Énergie, de l’eau et des hydrocarbures, Vonjy Andriamanga, toutefois de préciser que cet outil ne concerne pas les passifs actuels de la compagnie. «Le remboursement des dettes accumulées par le passé entre dans le plan de redressement de la Jirama. Les autorités s’attèlent à leur restructuration pour permettre leur paiement», a souligné le ministre.
Avec une capacité actuelle de 63 millions d’euros, la RLSF fournit des garanties en espèces pour les nouveaux projets dans le secteur de l’énergie renouvelable en Afrique subsaharienne. L’outil se concentre sur les projets de petite et moyenne envergure jusqu’à 50 MW (100 MW dans certains cas) considérés comme les plus efficaces pour accroitre l’accès à l’énergie en Afrique subsaharienne.
La participation de Madagascar à la RLSF a été possible grâce à l’appui du projet PERER de l’agence de coopération internationale allemande pour le développement GIZ qui a fourni une partie du capital manquant par le biais d’un contrat de financement d’un montant de 3.9 millions d’euros. La Grande île est le sixième pays à signer le protocole d’accord de la RLSF après le Bénin, le Burundi, le Malawi, l’Ouganda et la Zambie. D’après la directrice financière de l’ACA Toavina Ramamonjiarisoa, le partenariat devrait permettre d’aider le gouvernement à augmenter le taux d’électrification du pays conformément à l’actuelle politique générale de l’État qui mise sur une transition énergétique.