Editorial

La loi du marchand abolie

Ce n’est pas trop tôt. On croit rêver, on demande à être pincé face à la métamorphose. Comme sur un coup de baguette magique, les quartiers d’Anosy, Andrefanambohijanahary et Mahamasina ont été débarrassés des marchands de rue qui ont signé une emphytéose avec la CUA. Ils ont squatté, petit à petit, les trottoirs et tous les coins de rue devenus littéralement des espaces de marché. Pendant quatre ans, la capitale a complètement perdu tout son charme. On n’avait plus aucun espoir de retrouver, un jour l’image d’Antananarivo des années 60-70 puis 90-2000 avec l’anarchie érigée en mode de fonctionnement, la gabegie prise comme règle de conduite. Mais on savait également que seule une poigne de fer pouvait rétablir l’ordre.

Cela ne pouvait pas continuer à l’infini. Depuis hier, un vent nouveau semble souffler sur la capitale. Avant même la prise de service du nouveau maire, Tana commence à faire sa toilette et retrouve son allure des grands jours. Les forces de l’ordre sont mises à contribution alors que, depuis, 2009 elles ne sont intervenues que pour casser les manifestations non autorisées. Elles sont restées de marbre face à l’invasion des marchands comme si c’était autorisé. On ignore si elles reniaient les réquisitions des autorités communales ou si elles n’étaient pas du tout réquisitionnées. Le fait est, qu’entre le pouvoir central et les dirigeants communaux, le courant a également subi un délestage permanent. Aucune connexion, aucune synergie des actions, aucune collaboration n’a été observée. La CUA a fait ce qui lui plaisait alors que l’État l’a laissé faire jusqu’à cette catastrophe indicible.

Hier, les forces de l’ordre ont occupé les rues et les trottoirs de bon matin pour empêcher les marchands d’installer leurs marchandises. Elles sont restées là pour surveiller les éventuels resquilleurs. La question est de connaître la pérennité de cette initiative et cette surveillance permanente. On a l’habitude de voir des actions, des initiatives, des dispositifs qui ne durent que le temps d’un enthousiasme éphémère.
Les marchands de rue ont été mille fois chassés de leur emplacement interdit mais ils sont indécrottables. Les autorités communales ont préféré abandonner la partie et laissé l’anarchie s’enraciner.

On ignore d’où vient l’ordre pour les faire sortir de leur caserne et chasser les marchands de rue. En tout cas, c’est bon signe et on espère que les forces de l’ordre seront là, jour et nuit, pour tous les jours restants de l’année. C’est la seule façon de pouvoir abolir la loi des marchands.

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