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Gouvernance municipale – Une page se tourne à Antananarivo

Lalao Ravalomanana, dans un taxi-be, pour constater  les problèmes des passagers de ce genre de transport.

Un nouveau souffle. Pour la première fois depuis plus de dix ans, Antananarivo sera gouvernée par un premier magistrat élu, issu du camp du pouvoir. Aussi les habitants espèrent-ils que cela sera un atout conséquent pour faire de la Ville des Mille, une capitale digne de ce nom.

Le rendez-vous est fixé ce jour, à 13 heures. Lalao Ravalomanana, maire sortant, passera la main à Naina Andriantsitohaina, maire nouvellement élu. S’ensuivra une cérémonie d’installation sur le parvis de l’hôtel de ville. Les employés de la commune urbaine d’Antananarivo (CUA), s’activent depuis le début de la semaine pour planter le décor de l’événement. Tous s’attendent à ce que cette passation et prise de pouvoir officielle du maire Andriantsitohaina marque la fin d’un épisode catastrophique dans la gouvernance de la capitale.

Entre querelle politique, insuffisance de moyens, assortis de décisions incongrues et l’incivisme des habitants, Lalao Ravalomanana a eu du fil à retordre durant la quasi-totalité de son mandat. Jusqu’au bout, la mairesse et son équipe n’ont pas su trouver la formule miracle pour, au moins, donner un visage potable à la capitale. Le parti Tiako i Madagasikara (TIM), présidé par son époux Marc Ravalomanana a fait de la CUA, la base arrière de sa bataille politique en vue de la présidentielle de 2018.

Le fait qu’il fallait ménager les viviers de votants pour la présidentielle a limité la marge de manœuvre de l’administration conduite par Lalao Ravalomanana. Le jeu quotidien au chat et à la souris entre les agents des marchés et les marchands de rue, cachait mal le fait que les autorités municipales semblaient résignées à tolérer ces derniers. Force est de constater, néanmoins, que la CUA n’avait pas les moyens nécessaires pour faire valoir son autorité dans les rues de la capitale.
Les altercations politiques avec l’État central lui ont, d’autant plus, compliqué la tâche à la mairesse.

L’allocation des subventions et la collecte des ordures sont alors devenues des problèmes récurrents de la CUA, ces quatre dernières années. Faute de moyens, la municipalité n’a quasiment mené aucun projet d’investissement et de développement majeur. Dans le but de trouver plus de sources de revenu afin d’alimenter les caisses de la commune, probablement, la municipalité a pris des initiatives choquantes et opaques.

Il y a, par exemple, les multiples autorisations pour construire des boxes commerciaux sur les parkings et les trottoirs, congestionnant un peu plus les rues d’Antanana-rivo. Les défaillances et les limites des autorités de la capitale, du reste, ont laissé le champ libre à l’indiscipline des habitants. Aussi, la Ville des Mille est-elle devenue une cité où règne l’anarchie. Avec l’entrée en scène du maire Andriantsitohaina, d’aucuns espèrent que des solutions rapides aux maux de la capitale seront apportées.

À s’en tenir aux discours de campagne du camp au pouvoir dont Naina Andrian-tsitohaina est l’un des cadors, tous les moyens seront mis à sa disposition afin de permettre un relèvement et une modernisation rapide de la capitale. Comme le chuchotent quelques indiscrétions, l’entrée en scène des Forces de défense et de sécurité (FDS), pour déloger les marchands de rue, depuis le début de la semaine, est l’une des prémices de ce soutien étatique à la
nouvelle administration d’Antananarivo.