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Deux-roues : Les précautions à prendre en saison pluvieuse

Contrairement à une voiture, un deux-roues est plus sensible. Du filtre à air à la bougie, en passant par la chaîne, plusieurs éléments nécessitent un traitement particulier.

Rouler en saison pluvieuse n’est jamais évident, que ce soit à moto ou en scooter. La chaussée devient plus glissante. La visibilité est fortement réduite. Les réflexes sont moins rapides, quand les mains se refroidissent au contact de l’eau, même protégées par des gants. Le temps de réaction du motard augmente ainsi de quelques centièmes de secondes, voire plus, en cas de freinage d’urgence.

La première précaution à prendre concerne la réduction considérable de la vitesse. En roulant à 20 ou 30 km/h, au lieu de 50 km/h, les risques sont également réduits de moitié. Rappelons, toutefois, que le risque zéro n’existe pas. Et ça, tous les utilisateurs de deux-roues doivent faire avec.

D’un autre côté, une augmentation de la distance de sécurité s’impose également. Comme cité précédemment, le goudron est plus glissant. Pas moyen de freiner comme un bûcheron ici, sous peine de bloquer les roues, de perdre l’avant ou l’arrière et de chuter dans la foulée. Seul un freinage progressif s’impose. D’autant plus que mouillés, les disques et les plaquettes perdent un pourcentage de leur efficacité. De ce fait, la distance de freinage augmente. D’où l’importance de veiller à la distance de sécurité.

Traitement de la chaîne
En temps de pluie, un élément en particulier exige une attention particulière, en l’occurrence, la chaîne de transmission finale. Nous nous sommes informés auprès du chef d’atelier de Funbike Ambodivona, sur le traitement de celle-ci. « Il existe trois étapes. Primo, le nettoyage à l’aide d’un pinceau imbibé d’essence, afin d’enlever toutes les saletés accrochées en roulant. Secundo, le rinçage à l’eau et le séchage. Et tertio, le graissage à l’aide d’un lubrifiant spécifique », nous a expliqué Herman Solofoniaina dit Goss.

Le graissage de la chaîne doit se faire plus souvent en temps de pluie.

Motul, Elf, Liqui Moly ou encore WD-40, les revendeurs de la capitale propose chacun différents produits. Chaque motard a sa marque de préférence. Certaines d’entre elles proposent des « graisses pour chaîne » destinées à un usage en saison pluvieuse, bien plus efficaces logiquement car mieux adaptées à l’humidité.Chaque motard a aussi ses propres habitudes. Certains nettoient leur chaîne à chaque fin de semaine. D’autres plus fréquemment. Tout dépend de l’utilisation et du kilométrage journalier ou hebdomadaire. Mais une chose est sûre, mieux vaut vérifier souvent la chaîne, car de sa bonne lubrification dépend sa durée de vie.

Attention aux circuits électriques
Après un roulement sous la pluie, un lavage intégral est impératif. Et ce, afin d’éviter que la boue ne s’encastre et n’interfère sur le bon fonctionnement du deux-roues.
« Avec les postes de lavage à haute pression, il faut faire attention aux différents para-huiles, ainsi qu’au radiateur. Ces éléments peuvent être endommagés par les jets d’eau. Il vaut mieux placer le tuyau à bonne distance de la moto. Personnellement, je préfère utiliser un simple tuyau. La pression du jet est moins importante. Les risques sont amoindris par rapport aux circuits électriques ou au filtre à air », a conclu Herman Solofoniaina.

Bien évidemment, il est conseillé d’attendre que la machine soit sèche, avant de la redémarrer. L’idéal est d’utiliser un tuyau relié à un compresseur d’air, afin de chasser intégralement toute trace d’humidité. C’est un outil utilisé notamment par les stations-service.

Utilisation d’un bouchon
Bien évidemment, les motos passent plus fréquemment au lavage en saison pluvieuse. Le pot d’échappement nécessite alors une attention particulière. L’utilisation d’un bouchon permet de maintenir cet élément essentiel de la moto hors de portée de l’eau. Et ce, en bouchant l’orifice de sortie des gaz d’échappement. Ces bouchons sont disponibles auprès de tous les concessionnaires de deux-roues de la capitale.

Le pot d’échappement doit être bouché à chaque lavage.

Prudence avec les postes à haute pression
L’utilisation des postes de lavage à haute pression, plus communément appelés « Karcher » en référence à la marque leader du marché, permet un lavage rapide et efficace. Toutefois, plusieurs éléments d’une moto ou d’un scooter sont sensibles aux jets d’eau. La prudence est de rigueur, notamment, au niveau des connectiques et des différents boîtiers électroniques. Certes, ces pièces ont été conçues de manière à ce qu’elles soient étanches, jusqu’à un certain point. Mais vu la pression fournie par le poste de lavage, l’eau risque tout de même de s’y infiltrer, ce qui peut causer des dommages considérables tels qu’un court-circuit.

Attention aux zones sensibles lors d’un lavage.

Protection de la bougie sur les scooters
Contrairement aux motos, la bougie d’allumage se trouve à quelques centimètres seulement du sol sur un scooter, surtout les 2T. Voilà pourquoi ces machines ne doivent pas rouler en temps de forte pluie, quand le niveau de l’eau monte à dix, vingt, voire trente centimètres. Dès que l’eau atteint la bougie d’allumage, le moteur s’éteint immédiatement. Sur un scooter 4T, cet élément est placé en haut du cylindre, ce qui permet de remédier au problème.

Il est préférable d’éviter de submerger la bougie sur un scooter 2T.

Vérifier le filtre et la bougie après une averse
Malheureusement, rares sont les lieux qui disposent d’un abri pour deux-roues, dans la capitale. Bon nombre de motos et de scooters se retrouvent ainsi exposés aux averses pendant de longues heures. Et après une forte pluie, certaines machines ne sont plus en état de marche. Afin de pouvoir les démarrer à nouveau, plusieurs étapes s’imposent, à commencer par un séchage de quelques heures. Par la suite, une vérification du filtre à air et de la bougie d’allumage s’impose. Et si la panne persiste, alors il faut vérifier si une quantité importante d’eau a pénétré dans la chambre de combustion ou dans le pot d’échappement.