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LOI DE FINANCES INITIALE – Les prix à la pompe inflexibles

La ministre de l’Économie et des finances (débout) devant les députés.

Renvoyé aux députés pour une seconde lecture, le Projet de loi de finances initiale a été adopté avec trois amendements imposés par des sénateurs.

La navette redoutée entre Anosikely et Tsimbazaza n’a pas eu lieu. Il aura suffi d’une seconde lecture du Projet de loi de finances amendé par les séna­teurs pour qu’il devienne une disposition légale à part entière. L’un des points exigés par les sénateurs a été l’application dès le mois prochain de la TVA interne frappant les produits pétroliers de 15 à 20%. Alors que le gouverne­ment a donné six mois, suivant les fluctuations des cours du baril sur marché international, avant de procéder à un éventuel réajustement. En sus, les variations des parités monétaires.
Rindra Hasimbelo Rabarinirinariso, ministre de l’Économie et des finances, devant des députés qui n’ont pas boudé la séance, devait expliquer « que cette majoration de cinq points ne devrait pas avoir des impacts sur les prix actuels du carburant ». En vigueur depuis le 11 juillet.
Dans leur démarche, les sénateurs ont évoqué et invoqué un hypothétique déséquilibre budgétaire. Mais ils ont oublié l’arsenal de mesures fiscales et douanières mis en place. Pour compenser les exonérations en cascade visant à attirer les investissements qui sous-tendent les projets phares du Programme émergence de Madagascar, PEM. La prudence des techniciens du ministère de l’Économie et des finances s’explique par cette incertitude causée par la guerre en Ukraine et le spectre du coronavirus qui continue de planer sur l’économie mondiale. Sur ce même volet, d’un accord commun avec le Fonds monétaire international, le plafond du passif des pétroliers, passe de 100 à 300 milliards d’ariary.

Déjà dépensés

L’autre anomalie soulevée par les sénateurs a été la subvention accordée à la Jirama. Moins visible dans le Projet de loi de finances 2023 débattu. Au contraire de la loi de finances rectificative de 2022 qui la fixe à 500 milliards d’ariary contre les 180 prévus au départ.
« Déjà dépensés » selon Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison le 13 septembre au carrefour d’Amparibe, lors de l’annonce de l’octroi de 31,9 millions de dollars du Fonds monétaire international, pour le compte de la troisième tranche de la Facilité élargie de crédit. Pour apurer, cette fois-ci les dettes de la Jirama, il a été avancé le recours aux Bons du trésor par adjudication.
Enfin, les sénateurs ont eu gain de cause par leur revendication à aligner à 15% les droits de sorties imposés aux ressources naturelles non-renouvelables. À l’exception des pierres précieuses et industrielles. Une autre polémique avec les professionnels du secteur miniers a éclaté sur ces droits de sorties, jugés prohibitifs pour la relance d’une filière encore meurtrie par la crise sanitaire.
En fait, cette adoption de la loi de finances permet d’envisager l’avenir avec sérénité. Du moins sur le plan légal. Un refus des députés à l’examiner aurait eu des conséquences désastreuses. Alors que le temps presse le gouvernement. Sachant que selon une récente étude des partenaires techniques et financiers, « la capacité d’absorption de Madagascar en matière d’aides financières au développement oscille autour des 500 millions de dollars ». Une contre-performance qui explique, en partie, la persistance de la pauvreté grandissante. Qui « fait vivre » 81,9% de la population, selon les dernières estimations de la Banque mondiale. Pour qui la croissance économique inclusive et durable n’est plus une option pour Madagascar. Mais une obligation.

 

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