Trafic de tortues - Ni sursis ni liberté provisoire accordée


Ampanihy constitue une plaque tournante du trafic de tortues. Le procureur de ce district précise que toute forme de trafic de tortues est un crime. SOIXANTE-HUIT petites tortues Radiata étaient encore prêtes à partir pour une destination inconnue samedi. Heureusement, des passagers du même véhicule dans lequel se trouvaient les tortues ont réagi. Cette fois-ci, les tortues proviennent de Tsihombe et non d’Ampanihy. Des passagers ont alors contacté les forces de l’ordre une fois le taxi-brousse de Tsihombe arrivé à Toliara. Les tortues étaient emballées dans des sacs de voyage et l’une d’elle a succombé en cours de route. Le reste est déjà entre les mains de la direction régionale de l’Environnement et du développement durable pour être regroupé dans un centre de traitement. Le propriétaire des sacs pleins de tortues est pour l’instant détenu et l’on espère qu’il dévoilera le secret de ce voyage avec les tortues. Si Ampanihy est le théâtre de trafics et de saisies de tortues ces derniers mois, cette fois, le point de départ est donc Tsihombe, dans la région Androy. Rijaona Andriandazaina Randrianasolo, procureur de la République, près le tribunal de première instance d’Ampanihy, précise que tout acte relatif au trafic de tortues, que ce soit du vol, du ramassage, du transport ou toute forme de consommation et de commercialisation, constitue un crime. Garde-côtes «  Les sanctions sont les même pour les ramasseurs, les transporteurs, les commerçants de tortues ou de viande de tortues. Le trafic de tortue est un crime. La plupart des tortues sont volées et ramassées dans les aires protégées et les sanctions peuvent aller jusqu’à des travaux forcés et un emprisonnement de cinq à vingt ans. Si les reptiles ont été ramassés en dehors des parcs, la peine dépend des circonstances », explique le procureur d’Ampanihy. Et de préciser que tous ceux qui sont impliqués et saisis dans ces trafics sont traduits devant le tribunal et jugés. Il n’y a point de sursis ni de liberté provisoire accordée dans ce genre de crime, ces cinq dernières années pour le cas d’Ampanihy. Depuis 2019, vingt-six criminels sont emprisonnés dans ce district et aucun n’a retrouvé la liberté. En cette période de sécheresse, le troc de tortues est à la mode. Une tortue en échange de quelques kilos de riz, ou de manioc, ou de l’eau. Les tortues sont ensuite vendues dans certains hôtels ou des particuliers. Mais en général, elles sont destinées à un marché international. Le procureur propose de renforcer la collaboration entre Madagascar National Parks, gestionnaire des aires protégées et les forces de l’ordre. Les ratissages ne sont toujours pas réalistes vu la superficie des parcs. « Des points de surveillance dans des endroits chauds, tels que Fotadrevo ou Lazarivo, ou sur le littoral comme Itampolo et Androka ont besoin de renfort. Il n’y pas assez de garde-côtes et les ressources sortent librement et facilement en mer », révèle-t-il.
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