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Ma Chronique à moi

C’est la Chronique d’un gars qui aime les femmes qui aiment les hommes qui aiment les femmes. Foncièrement sceptique vis-à-vis de toutes les religions, mais qui, éduqué dix années chez les Jésuites, ne renierait pas tout en bloc du christianisme s’il fallait absolument choisir. Comme dédicacerait Sylvain Urfer S.J., «Quoique indigne, mais avec admiration et amitié».

Ce 7 novembre 1995, je me suis présenté au desk de L’Express de Madagascar, demandant à pouvoir publier un texte sur l’incendie du Rova. L’accueil de Christian Chadefaux, l’alors «redchef», fut d’une simplicité aux conséquences incalculables: «Rédigez», me dit-il, ce que je fis au stylo Bic, les Mac Classic étant occupés par les titulaires. Ce premier texte accepté, je ne pouvais pas savoir, personne ne pouvait savoir, que 25 ans plus tard, je serai encore là à «commettre» pour L’Express de Madagascar. Et une Fidélité, Une !

Les Mac Classic «Tout-en-Un» se sédentarisèrent chez Makitic (à toi, JLR) en un Performa 5200 avant de définitivement nomadiser en PowerBook G3, MacBook ou MacBook Air. C’est pourtant toujours le même AZERTY qui saisit les mots, construit les phrases et aligne les paragraphes. La liberté sans ancrage fixe, pour quelqu’un qui compte un 25ème «anniversaire professionnel» (merci à Linkedin) sans avoir jamais eu un bureau à soi.

Quand le mail n’existait pas encore à Madagascar, j’envoyais mes Chroniques par fax depuis un «Fuji» en face de la Poste d’Antani- narenina. De passage aux États-Unis, en 1996, j’y découvris la magie de l’Internet et la possibilité infinie d’être sans y être. Désormais, je serai partout sans être nulle part. Aujourd’hui, il est d’une extrême banalité d’envoyer un texte depuis une plage de sable blond, mais, à une époque, c’était la galère pour détecter une seule barre de connexion, à Manambato ou Foulpointe: il fallait le bon opérateur qui couvre la région, arpenter la plage, se figer au bon endroit, en espérant que le signal ne migre pas. C’était d’un ridicule. Mais, c’était coquetterie. Ce que l’IrDA sur un Ericsson T39 laissait espérer, avec un Sony CMD Z1, il ne fallait même pas y penser.

«La Chronique de VANF n’aurait sans doute pas existé sans un minimum d’ouverture d’esprit chez les fondateurs de L’Express de Madagascar: Herizo Razafimahaleo et Charles Andriantsitohaina, ainsi que son rédacteur en chef de l’époque, Christian Chadefaux. Je définissais moi-même les limites et je m’astreignais à ne pas les franchir» (Chronique VANF, 26 juillet 2008, «On ne saura plus jamais»).

J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. Le moment de convoquer «Vingt ans de tacite reconduction» (Chronique VANF, 15 décembre 2015): «Ce samedi 12 décembre 2015, nous étions 11 anciens de l’année 1995, dont 3 rédacteurs. J’allais tous nous citer, manière stèle commémorative, mais je me suis ravisé: qu’on ait survécu, peut finalement signifier tout et son contraire. Fidélité ou inertie ? Persévérance ou immobilisme? Sommes-nous des icônes ou de vieux meubles? Ce n’est pas forcément un mal, ce n’est pas automatiquement un bien, disons que c’est simplement la vie. Et si, pour les 50 ans du journal, certains d’entre nous étions encore de ce monde, et venaient à graviter toujours dans l’orbite de ce journal, c’est qu’il y eut plus puisque affinités. Mais, le journal continue sa vie propre, et nous échappe déjà, poursuivant son chemin avec la relève. La guerre de succession n’aura pas lieu».

«Les prochains jours, les prochains mois, les prochaines années. Demain, tout à l’heure, maintenant, tout de suite, puisque tout est possible quand on s’expose au courant d’air des idées et qu’on sème le vent des débats. Un esprit de contradiction à durée indéterminée, par tacite reconduction» (Chronique VANF, 26 février 2000).

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