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Musique en ligne – Be Mozik ouvre une caverne aux trésors sur Youtube

Une initiative tout ce qu’il y a d’exceptionnelle de la part d’un grand passionné de la variété malgache. La chaîne youtube du label Be Mozik, emmenée par l’illustre Samoëla, nous émerveille avec sa riche collection d’albums rares et inédits.

Jouissif, enchanteur, voire addictif, le tout accordant à chaque fois une belle place à la découverte et à la redécouverte. Ainsi se décrit notre passage sur cette fameuse chaîne youtube qui, depuis plus de trois mois, nous surprend par la riche collection d’albums musicaux qu’il y expose. Il s’agit là de la chaîne de Be Mozik, le fameux label du chanteur à texte Samoëla qui, depuis le mois d’août, réjouit les mélomanes de tous horizons en proposant un concept exclusif de sa part.

Outre ses propres créations, la chaîne nous délecte désormais de l’intégralité d’un album d’un groupe ou d’un artiste malgache, le tout moyennant juste une connexion internet. Une idée originale de la part de Be Mozik et de son équipe donc qui, à travers cette chaîne, a fédéré près de dix mille abonnés, dix mille mélomanes de toutes les générations, qui auront le privilège d’apprécier près de douze mille albums musicaux.

« Il s’agit là d’un projet qui nous anime depuis 2009, plus précisément depuis l’incendie de la Radio nationale malgache où plusieurs œuvres et archives musicales d’antan sont parties en fumée. Nous nous sommes ainsi fixés comme devoir de retrouver le maximum de ces œuvres, de les collectionner, puis de les numériser pour pouvoir ensuite les diffuser auprès du public », confie Samoëla.

De là, la chaîne se lance en partageant avec le public des perles rares, des pièces de collection numérisées que l’on n’est plus sûr de retrouver quelque part, et dont peuvent en jouir les oreilles aguerries.

Un catalogue inestimable

Pour l’heure, 50% de la collection et des acquisitions de Be Mozik ont pu être numérisés dans leur intégralité. Dans le lot, on retrouve des artistes et des groupes malgaches de genres différents. De l’évangélique au rock, en passant par le tropical et le country, mais aussi du blues ou du rap aux chansons à texte, tout y est, et plus encore. En parcourant le riche catalogue que nous propose la chaîne youtube, on se laissera surtout enivrer par une certaine nostalgie mélodieuse. Voici pour vous d’ailleurs une petite sélection des perles à écouter sans modération aucune sur la chaîne de notre part : les compilations « Vazo taona 90 » qui regroupent les grands hits de cette époque, la compil « Vazo miteny », l’album « Namana » de Tsiakoraka, l’album « Ianao namako » de Lalatiana, l’album live de Lalao Rabeson au CCESCA en 2012, l’album « Mifan-damoro » de SDF, l’album « Fanantenana » de Da Hopp, l’album « Mozika tiako » de Lalie et évidemment, les grands classiques de Dama et « Ampahatsorana » de Dadah Rabel, tous à écouter sans modération.

Une plateforme d’échanges

À la question de savoir comment ils se sont procuré certains de ces albums dont on ne retrouve plus les traces sur le marché, Samoëla affirme qu’outre sa propre collection, qu’il étoffe depuis près de trois décennies, c’est surtout après divers échanges entre passionnés que la chaîne s’enrichit au quotidien. Saluant l’initiative de Be Mozik, nombreux sont les mélomanes à avoir réagi sur la chaîne et à y contribuer en partageant aussi leur propre collection. Le label a aussi effectué des approches auprès des artistes et de leurs familles, mais aussi de quelques maisons de disques, pour acquérir les droits de diffusion de certaines œuvres.

Il importe d’affirmer que la chaîne procède en toute légalité, en ayant acquis au sein de la maison mère même de Google, en charge de Youtube, une licence de « Web radio » pour pouvoir diffuser l’intégralité de ces albums. « Notre objectif principal est de raviver cette envie d’apprécier un album audio dans son intégralité chez le public. Le fait est que comme nous, rares sont les artistes à produire des albums et à les distribuer sous leur forme physique, la majorité se contentant juste de diffuser leur chanson au compte-goutte par le biais d’un clip vidéo ou d’un single. Il faut comprendre qu’apprécier un album en entier reste un plaisir inégalable », souligne Samoëla.

Une initiative pérenne

Samoëla affirme : « Cela nous a pris plus ou moins trois ans avant de pouvoir vraiment lancer cette initiative. Notamment pour acquérir le matériel nécessaire afin de travailler les albums qu’on a, qui sont généralement soit des vinyles, soit des cassettes (K7). On procède ensuite à la remarstérisation de ces œuvres pour pouvoir garder leur authenticité. » Autant dire que Be Mozik s’applique aussi à satisfaire les visiteurs de la chaîne par la diversité de son contenu, car il y en a pour tous les goûts. Un album nécessite environ deux jours de capture et de traitement avant de pouvoir être diffusé, mais il est aussi possible que des chansons soient reprises à l’identique par la fine équipe du label. Un véritable travail d’orfèvre se fait ainsi en coulisse pour restaurer quelques-uns de ces albums.

D’autant plus que grâce à cette chaîne youtube, la musique malgache acquiert une plus large portée à l’international aussi. Le fait est que si 60 % de son audience réside à Madagascar, 20% en profite dans l’Hexagone et les 20% restant dans le reste du monde, passant du continent africain jusqu’aux États-Unis et en Asie.