Accueil » A la une » Transport aérien – Air Madagascar en redressement judiciaire
A la une Economie

Transport aérien – Air Madagascar en redressement judiciaire

La  flotte  d’Air  Madagascar  est à  renouveler.

Beaucoup de questions se posent encore sur les intentions de l’État pour sauver Air Madagascar d’un crash certain. Un plan de vol aux contours flous.

Dubitatives. Telles ont été les réactions des spécialistes de l’aéronautique civile par rapport aux décisions du Conseil des ministres pour venir en aide à Air Madagas­car. Selon des indiscrétions sorties de cette réunion qualifiée de décisive sur l’avenir de la compagnie aérienne nationale, « une demande de mise en redressement judiciaire » aurait été avancée par des dirigeants d’Air Madagascar, avec le ministre de tutelle. Selon un juriste d’affaires, « si votre entreprise est en cessation de paiement, soit dans l’impossibilité de payer ses dettes grâce à son actif, elle doit alors ouvrir une procédure de redressement judiciaire ».

Ce qui semble être le cas d’Air Madagascar. Il poursuit ses explications « La procédure de redressement judiciaire est une procédure collective. Elle concerne les entreprises qui se trouvent en cessation de paiement. Elle est destinée à permettre la poursuite de l’activité de l’entreprise, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif. Lorsque le tribunal prononce le redressement judiciaire d’une entreprise, un bilan économique et social de l’entreprise est effectué .Un mandataire judiciaire et, éventuellement, un administrateur judiciaire sont alors nommés par le tribunal pour administrer tout ou partie de l’entreprise, seuls ou avec le dirigeant de l’entreprise ».

Une autre hypothèse

Le Conseil des ministres évoque plutôt « une procédure collective pour apurer le passif ». Une similitude sémantique sans être le même concept. Air Madagascar accuse 82 millions de dollars de déficit opérationnel ou de dettes. Tout cela mérite d’être expliqué d’une manière claire et précise. S’agit-il alors d’un simple jeu d’écriture pour effacer ce lourd fardeau financier? S’il suffisait d’une telle manœuvre, pourquoi attendre si longtemps pour y procéder?

Une autre hypothèse, un autre scénario plausible. Une partie des 332 millions de DTS du Fonds monétaire international, FMI, obtenus sans les habituelles conditionnalités, serait-elle affectée à cette opération de survie? Au contraire des 312 millions de la Facilité élargie de crédit, FEC, soumis à l’atteinte des critères de performances, à décaisser en sept tranches de 48 millions de dollars.

Alain Rabetrano, délégué syndical, pour sa part, estime lors de sa dernière rencontre avec la presse « qu’allouer des subventions ou des emprunts bancaires à éponger les dettes des créanciers ne servirait à rien. L’essentiel c’est de permettre à Air Mada­gascar de reprendre ses activités ». Il reste aussi la posture de la directrice générale par intérim, Hanitra Rasetarinera. Sera-t-elle « confortée » dans son fauteuil ou remplacée par un vrai titulaire au poste. Mais le plus gros des problèmes à résoudre reste la remise à flot d’une flotte anéantie, clouée au sol. Quel avionneur choisir, quels appareils acheter? Souvent ce genre de marchandages débouche sur des conflits géostratégiques avec d’intenses négociations dans les coulisses diplomatiques.

À titre d’illustration, un ministre des Transports de Didier Ratsiraka, a été aussitôt limogé pour avoir mené des pourparlers à son insu. En faveur d’un fournisseur d’avion de ligne plutôt qu’un concurrent avec qui l’Amiral avait plus d’affinités.

Enfin, mais pas des moindres, aucune mention sur les cas délicats des « filiales » d’Air Madagascar. Comme la Sofitrans pour la gestion d’hôtels, la restauration, et le catering. Les services handling. Et la compagnie Tsaradia, assurant les vols domestiques, qui éprouve des difficultés existentielles.

Au final, une belle philosophie teintée de lyrisme est sortie de l’audit mené par le cabinet Bearing Point. Peu de concret.

7 commentaires

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

  • Pathétique ! Un redressement judiciaire qui ne s’éloigne pas à priori d’une liquidation judiciaire . Ce qui supposerait à court terme la mise en branle de la procédure de sauvegarde pour le gel des passifs avec imposition d’ un étalement des dettes aux créanciers . La cession pour 1 franc symbolique n’est plus une vue de l’esprit ce qui suppose de facto la disparition d’Air Mad . Les gros caïmans seront à l’affût pour faire basse à ce qui reste de notre fleuron national . Après les révélations de  » panama papers  » maintenant  » pandora papers  » sans omettre Mauritius Leaks 2020 l’étau se resserre avec un dossier en même temps au placard du parquet financier Français d’un grand affairiste proche du pouvoir adepte des placements offshore . Les ruines d’Air Mad ne laisseront pas indifférents des visées tentaculaires de certains , d’ailleurs le fonds souverain ne suffira pas à ré-injecter les fruits des blanchissements . Cette notion de  » procédure collective pour apurer le passif  » n’a aucun sens et aucune portée juridique sauf pour sauver la face . Air Austral appréciera les attaques au vitriol lors du dernier conseil des ministres sur sa responsabilité concernant les dettes de 72 millions de dollars découlant du partenariat stratégique .
    Madagascar restera sous l’influence de guerre commerciale comme partout dans le monde pour l’acquisition d’une nouvelle flotte comme partout dans le monde , Didier Ratsiraka ou non lors de son passage au pouvoir , et les intérêts géostratégiques seront toujours légion .

        • Il y a un administrateur certainement pour les posts de ce journal et il est judicieux de lui adresser directement vos allégations . Pitié ayez l’obligeance de ne pas écrire en majuscules car c’est très mal poli ! Maintenant pour Ethiopian airlines Boeing a bien pointé du doigt les pilotes de cette compagnie aérienne lors de l’accident d’un 737 MAX ayant fait 346 morts .Pour l’audit d’un cabinet indépendant et une éventuelle enquête parlementaire , il nous semble bien qu’ils ont déjà eu lieu mais sans tambours battants . Le plus urgent pour l’instant c’est que l’état injecte de l’argent à l’aide d’un plan financier de soutien pour remettre en rampe la flotte . Enfin désolé de vous l’annoncer mais la liberté d’expression est une réalité dans ce pays et la majorité de la presse joue le jeu .

  • NEGOCIER AVEC ETHIOPIAN,COMPAGNIE BIEN GEREE TOUT EN GARDANT LE NOM PRESTIGIEUX DE AIR MADAGASCAR ME PARAITRAIS ETRE UNE BONNE SOLUTION AUX FINS QUE AIR MADAGASCAR NE DISPARAISSE PAS- C’EST LA GESTION D’AIR MADAGASCAR QUI A ETE DESASTREUSE……IL FAUDRAIT UNE ENQUETE PARLEMENTAIRE SOIT FAITE EPAULEE PAR UN CABINET D’AUDIT INDEPENDANT SPECIALISEE DANS L »AERIEN.

    • On n’a jamais été confronté à une censure de nos commentaires pas toujours complaisants sur ce site . Par contre si les insinuations sur Mieur Pierrebleu vous chagrinent ,c’est au contraire une hypothèse plus que plausible par le profil de ce parrain ayant déjà un pied dans le milieu de l’aviation . Son statut de conseiller occulte du PRM joue en sa faveur et son sponsoring une fois de plus pour les prochaines présidentielles sera précieux .Maintenant son appartenance au cercle restreint de la liste des Malgaches affiliés aux évasions fiscales est bien une réalité. D’ailleurs les observateurs ont bien tiqué qu’il n’était pas de la délégation lors du REF à Paris . Le redressement judiciaire d’Air Mad est un mal nécessaire qu’il n’y a pas d’autres choix . On scrutera à la loupe le déroulement des procédures . Déjà ce ministre des transports n’inspire pas confiance sur sa capacité à gérer cette faillite d’Air MAD . Et le business plan toujours dans les tiroirs n’est pas de bonne augure .Mettre sur le dos d’AIr Austral l’origine en grande partie des 72 millions de dollars de dettes de notre compagnie aérienne n’est pas très responsable bien que le partenariat stratégique était critiquable sur tous les points . La France mise sur un plan d’investissement de 30 milliards d’euros sur 5 ans pour redevenir une grande nation de l’innovation .La compétitivité industrielle et les technologies d’avenir sont les grandes axes . Notre pays devrait s’inspirer de tels projets ambitieux et ça passe par la remise en éclat de notre fleuron national d’antan qu’est Air Mad !

  • Il est temps de privatiser Airmad car cette société n’arrive plus à sortir de ses difficultés. Contraire du temps de la 1ère république, les avions de notre compagnie ne desservent plus les zones rurales telles que Beroroha, Mandabe, Manja Belo sur tsiribihina et autres régions de Madagascar ect… il faudra libérer les espaces aériennes pour les compagnies privées. Lancer un appel d’offres national ou International pour desservir ces zones enclavées. L’exemple du Kenya est à suivre. Les provinces sont desservies par des compagnies aériennes privées. Airmad ne s’occupera que des lignes Extérieures, rentable pour notre compagnie nationale.