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Editorial

Le «Baron rouge»

2006, Grand Prix de Monza. Michael Schumacher, le septuple champion du monde, encore en lice pour une huitième couronne, annonce sa retraite. À la fin de cette saison 2006 qu’il termina vice-champion du monde, il comptait 248 départs pour 91 victoires et 154 podiums. Schumi était alors la référence ultime. Et pour de nombreuses années. Jusqu’à ce dimanche 11 octobre 2020.

En 1996, Michael Schumacher rejoignit une Scuderia Ferrari en perte de vitesse. Il faudra cinq ans d’efforts et de déboires avant de décrocher un premier titre mondial depuis 21 ans. C’est avec Ferrari, et un record de 72 victoires pour cinq titres, que Schumacher gagnera le surnom de «Baron rouge». Surnom qui avait déjà été celui de Manfred von Richthofen, pilote de chasse allemand de la Première Guerre mondiale, victorieux de 80 combats aériens aux commandes d’un Fokker triplan peint en rouge.

En 2010, Mercedes rachète l’écurie Brawn GP et offre un baquet à Michael Schumacher. Pour trois saisons de trop. Schumi était déjà un «vieux» de 41 ans quand il revint en compétition. Qu’il était loin le temps du «Rookie» ambitieux au temps des Nelson Piquet (né en 1952), Nigel Mansell (1953), Alain Prost (1955) ou Ayrton Senna (1960). Cette fois, le «Baron rouge» faisait son âge face à ses cadets de dix ans (Kimi Raikkonen, 1979), onze ans (Jenson Button, 1980), douze ans (Fernando Alonso, 1981), seize ans (Lewis Hamilton et Nico Rosberg, 1985), voire dix-huit ans (Sebastian Vettel, 1987).

Son fabuleux palmares eût encore pu être plus formidable, si en 1999, il ne s’était pas cassé les deux jambes au GP de Grande-Bretagne. Et si, en 2005, la règlementation sur les pneumatiques n’avait pas été modifiée, interdisant les changements, alors que les Bridgestone qui équipaient les Ferrari étaient moins efficaces que les Michelin.

Ce 11 octobre 2020, Lewis Hamilton égalait son record qu’on pensait inaccessible de 91 victoires en Formule 1: Hamilton obtint ses 91 victoires après 261 GP, quand il en fallut 307 à Schumacher ; mais, entre la 1ère et la 91ème, Michael Schumacher courut moins de Grand Prix que Lewis Hamilton (237 contre 254, l’équivalent d’une saison complète). Les saisons d’avant comptaient moins de Grand Prix : en 1988 et 1989, l’époque de la grande rivalité entre Prost et Senna, comme en 1998 et 1999, premières années de la compéti- tion entre Mika Hakkinen et Michael Schumacher, le Championnat du monde comptait 16 GP; il en compta 19 en 2005 (premier titre mondial d’Alonso), 18 en 2008 (premier sacre d’Hamilton), 19 en 2010 (premier sacre de Vettel), 21 en 2016 (sacre de Rosberg). Avant le Covid, il en était prévu 22 pour la saison 2020.

Quand on dispute plus de Grand Prix, il y a plus de chances d’en gagner en une saison. C’est mathématique. Mais, anecdotique. Le 1er mai 1994, quand Ayrton Senna vint mourir contre un mur de béton dans le virage de Tamburello à Imola, Michael Schumacher était déjà dans ses roues. Le «Baron rouge» aura fait largement mieux que les «légendes» d’avant lui: Alain Prost 51 victoires en 199 GP et Ayrton Senna 41 victoires en 161 GP. Difficile de comparer les pilotes d’époques différentes. Et pourtant, c’est notre péché de prédilection.

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