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POLIOMYÉLITE – Les refus du vaccin se multiplient

Les adultes ne sont pas protégés contre la poliomyélite sans être vaccinés.

La campagne de vaccination antipoliomyélite est une mission difficile. Les agents vaccinateurs et les agents communautaires ont fait face à l’hostilité de certaines cibles.

Travailler avec acharnement. Un chef fokontany d’un quartier huppé de la ville d’Antananarivo a convoqué un ménage durant la semaine de la campagne de vaccination contre la poliomyélite, qui s’est tenue du 5 au 8 septembre. « Il a haussé le ton contre nos agents. Il les a dénigrés et a fustigé cette campagne de vaccination. Il a dit, entre autres, qu’il ne reçoit pas de dose de vaccin gratuit. Je l’ai convoqué pour le rappeler à l’ordre », a indiqué ce président de fokontany, hier. Plusieurs habitants de ce fokontany ont claqué la porte au nez des agents vaccinateurs, qui faisaient du porte-à-porte, pour immuniser tout le monde contre la poliomyélite. « Les agents de santé ne sont plus revenus dans ces maisons où il y a eu des refus, durant les ratissages, pour éviter les tensions », enchaine-t-il. Toutes les cibles, les nouveau-nés, les enfants, les jeunes et les adultes, ne sont pas atteintes, à en croire les confidences de quelques agents de santé et agents communautaires dans la région d’Analamanga. « Le nombre de personnes vaccinées dans notre secteur a diminué par rapport à la précédente campagne. Les cibles sont de plus en plus méfiantes, face à cette vaccination répétitive», confie un médecin. D’autres ont un taux de couverture au-dessus de 100%, mais ce ne serait pas les principales cibles qui ont complété cette couverture vaccinale.

Conséquences graves

« Il y a eu des refus, mais nous avons tout de même atteint un taux de couverture de 105%. De nombreux visiteurs, dont des chrétiens qui ont fait un pèlerinage dans notre commune, des personnes invitées à des cérémonies d’exhumation, ont accepté de se faire vacciner », lance un infirmier d’un centre de santé de base (CSB) dans la région d’Analamanga. Refuser ce vaccin n’est pas sans risque. Il peut provoquer des conséquences graves. Un étudiant de l’université d’Antananarivo, âgé de 24 ans, est touché par cette maladie handicapante et irréversible, du jour au lendemain, à cause de sa faible immunité contre la poliomyélite. Une personne serait décédée dans un hôpital, après avoir développé les symptômes de cette maladie. « On a pensé qu’il était atteint d’un accident vasculaire cérébral car ses membres sont devenus immobiles. Mais les résultats des examens médicaux ont confirmé qu’il s’agissait d’un cas de poliomyélite », rapporte un professionnel de santé. Plus de deux cent quatre-vingt cas ont été recensés depuis 2020, selon l’Organisation mondiale de la santé, au mois de juillet. Pour se protéger contre cette maladie, pendant une épidémie, « il faut plusieurs doses de vaccin. Ce sera après cinq campagnes de vaccination consécutives que nous pourrons dire si l’épidémie s’est calmée ou pas », nous explique une source auprès du ministère de la Santé publique. Une autre campagne de vaccination est prévue au mois d’octobre.

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