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Pandémie – L’île Maurice confrontée à une vague de Covid-19

Des touristes à l'aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam de Port Louis, le 15 juillet.

Les hôpitaux sont saturés, les respirateurs artificiels rares et le cimetière où étaient enterrées les victimes du coronavirus est plein: l’île Maurice fait face à une explosion de Covid-19 qui interpelle à moins de trois semaines de la réouverture complète de ses frontières.

OFFICIELLEMENT, tout est prêt pour accueillir les touristes au 1er octobre dans ce paradis de l’océan Indien, prisé pour ses plages immaculées et ses eaux cristallines.

Plus de 61% des Mauri­ciens avaient reçu au moins deux doses au 11 septembre, ont notamment souligné la semaine dernière les autorités, qui ont rendu la vacci­nation obligatoire dans certaines activités, dont le secteur touristique, sous peine d’amendes ou de peines de prison.

Mais loin des discours officiels et des campagnes promotionnelles, l’île bruisse d’inquiétude.

« La situation empire. Mais il y a des instructions pour que nous ne communiquions pas », affirme un médecin, sous couvert d’anonymat: « La priorité du gouvernement est d’assurer une ouverture en douceur des frontières le 1er octobre ».

Le 15 juillet, l’archipel a rouvert ses frontières uniquement aux personnes vaccinées, qui devaient rester dans des « bulles de villégiature » pendant quatorze jours avant d’être autorisés à s’aventurer plus loin, sous réserve d’un test PCR négatif.

À partir du 1er octobre, les touristes -vaccinés ou non- seront libres de leurs mouvements dès lors qu’ils auront un test PCR négatif de 72 heures avant leur arrivée sur l’île.

Devises ou variants ?

Cette réouverture est très attendue dans le secteur touristique, qui représente 25% du PIB de l’île et deux cent cinquante mille emplois directs et indirects.

« Mon restaurant est vide depuis mars 2020. Si les touris­tes ne reviennent pas, je serai obligé de mettre la clé sous le paillasson », résume John Beeharry, restaurateur.

Hôtesse d’accueil dans un hôtel, Diana Mootoosamy « appréhende », elle, cette ré­-ouverture. « Il n’y a plus la quarantaine de 14 jours et du coup, nous nous retrouvons sans filet de protection. (…) En accueillant les touristes, allons nous attirer des devises ou des variants ?”, se demande-telle.

Les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence sanitaire américaine, a classé lundi l’île parmi les destinations à risques, recommandant d' »éviter » le pays.

Depuis la réouverture partielle mi-juillet, le nombre de cas a en effet été multiplié par plus de cinq (12.616 cas au 10 septembre).

Cette augmentation est de loin la plus importante en Afrique sur cette période, selon les données compilées par l’AFP. Maurice a, depuis le début de la pandémie, enregistré mille-cinq cas pour cent mille habitants, un chiffre nettement supérieur à la moyenne africaine (598).

Le gouvernement impute cette hausse à un relâchement des comportements, et soulignent que les nouveaux cas sont majoritairement asymptomatiques…

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