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Stabilité – La France prône des élections légitimes

Dans un contexte où des initiatives de lois amènent à des suspicions d’exclusion,
le premier discours du 14 juillet de l’ambassadeur souligne le besoin de légitimité.

Décisives. En tout cas, plus que les élections de fin de Transition, c’est ainsi que Véronique Vouland-Aneini, ambassadeur de France, qualifie les élections régionales, provinciales et présidentielles. Des scrutins dont l’enjeu est la consolidation et la durabilité de la stabilité dans le pays, selon le discours de la diplomate.
Pour la représentante française, « le rôle majeur », du Gouvernement est d’organiser les prochaines élections locales et nationales. « Ces dernières seront décisives peut être plus encore que celles de 2013. La démocratie, ce n’est pas une baguette magique, c’est une pratique. Aussi ces élections n’ancreront solidement la démocratie dans votre pays que si elles sont transparentes, inclusives et surtout si elles permettent aux Malgaches, à tous les Malgaches en âge de voter de choisir vraiment leurs dirigeants (…) », a-t-elle déclaré dans son discours du 14 juillet, à la résidence de France, à Ivandry, hier.
Pour sa première allocution du 14 juillet en tant qu’ambassadeur à Mada­gascar, la projection du discours de Veronique Vouland-Aneini a intrigué. Surtout qu’elle intervient dans un contexte où attentats et débats de société agitent l’arène publique dans la Grande île. À un moment, où pour se défendre, les tenants du pouvoir lancent une cabale contre toute voix discordante en les imputant d’intention de déstabilisation. Et où en réponse leurs adversaires commencent à tenir des discours séditieux.
Dans la mêlée, la diplomate française qui, dans une partie de son allocution, a fait référence aux autres partenaires du pays, semble miser sur les prochains scrutins régionaux et provinciaux, mais surtout prési­dentiels pour départager les parties-prenantes de ces hostilités politiques.

Très attentif
« En effet, depuis deux ans, Madagascar est sortie d’une crise profonde et la France a pesé de tout son poids pour que le pays retrouve la voie de la démocratie. Nous serons donc très attentifs, avec les autres partenaires du pays, à la consolidation de cette démocratie », a indiqué Véronique Vouland-Aneini pour expliquer ses propos. « (…) Sans des élections légitimes, libres et ouvertes, organisées dans un climat politique apaisé où la liberté de la presse et d’expression est garantie, le pays replongerait certainement, quel que soit le résultat, dans une période de crises », ajoute-t-elle.
Sans entrer franchement dans les débats concernant le code de la communication ou encore les textes sur la réconciliation nationale et la Cour spéciale en matière de délinquance économique l’accompagnant, l’ambassadeur de France appuie, toutefois, sur deux sujets qui pourraient impacter sur la crédibilité des futurs scrutins. Cela bien que comme l’a confirmé Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre, hier, il a convié les Partenaire techniques et financiers (PTF), pour leur expliquer la portée de ces trois projets de loi polémiques.
Le code de la communication voté en son état par les Parlementaires, une presse libre pourrait être une utopie d’ici quelques temps. La société civile, par ailleurs, craint que, le cas échéant, la Cour spéciale traitant les délinquances économiques « dans le cadre de la réconciliation nationale pour la période de 2002 jusqu’à la fin de la Transition », soit utilisée comme arme politique contre certaines catégories de personnalités. Une loi mettant en place des pôles anti-corruption (PAC), traitant des mêmes délits financiers vient, en effet, d’être votée. Ce qui renforce la suspicion des observateurs.
Une poursuite judiciaire annihilerait, en effet, les droits de candidature d’une personne à un mandat électif. L’allocution de la diplomate française sonne, cependant, comme une reconnaissance d’une fausse manœuvre de la communauté internationale qui a imposé le « ni…ni ». Une mesure qui pourrait être la cause des différents soubresauts politiques dont les répliques ne cessent d’ébranler le pouvoir.

Garry Fabrice Ranaivoson