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Douanes – De fausses déclarations débusquées

Une affaire de fausses déclarations de douanes a été découverte à Mamory Ivato. Celle-ci a coûté 150 millions d’ariary de manque à gagner dans les caisses de l’État.

La coupe est pleine. Gervais Rakotoari­manana, ministre des Finances et du budget a fait part de sa colère aux agents du bureau des douanes à Mamory Ivato, hier. Ils ont passé un mauvais quart d’heure avec le ministre. Une affaire de fausses déclarations de colis traités au niveau de ce bureau est à l’origine de celle-ci. « Cette affaire a coûté un manque à gagner de plus de 150 millions d’ariary en droits et taxes à l’importation à la caisse de l’État. Et je pense que ce cas n’est pas isolé. Nous n’acceptons pas ce manque de professionnalisme », tance le membre du gouvernement.
En effet, des « colis sus­pects » étaient arrivés au niveau du service des douanes à Mamory Ivato il y a quelques jours. « Le propriétaire avait déclaré que c’étaient des effets personnels, des vêtements de travail. Le propriétaire n’a payé que 1,9 millions d’ariary seulement. Après investigation, nous avons découvert qu’il s’agissait de smartphones, tablettes et montres haut de gamme. Les marchandises ont été déjà dédouanées et sont déjà sur le marché », s’irrite le grand argentier.
Pendant plus d’un tour d’horloge, les questions se sont succédé sur les méthodes de travail de ces em­ployés. « Comment se fait-il que cela soit arrivé   Pourquoi avez-vous procédé au dédouanement de ces marchandises   Qui d’entre vous peut me donner une réponse claire   », a demandé le ministre aux responsables présents dans la salle.

Pas de scanner
Le silence a régné dans la salle avant qu’un employé tente d’apporter des explications au membre du gouvernement. « Nous n’étions pas au courant d’une note interdisant le dédouanement de ces marchandises », se défend un agent de la douane.
Pour démystifier l’affaire, une visualisation des enregistrements vidéo de ce jour-là a été projetée. Les images ont pu apporter quelques éclaircissements sur la défaillance dans la vérification des marchandises importées. Faute de scanner fonctionnel, la vérification se fait manuellement. Le premier colis vérifié contenait uniquement des vêtements de travail tel qu’il a été déclaré. La vérification s’est arrêtée là sans passer à d’autres colis.
« Des mesures seront prises à l’encontre des agents fautifs. L’agrément de la société de transit ayant traité cette affaire devrait être retirée. Désormais, toutes les marchandises doivent passer par le circuit rouge », annonce Gervais Rakotoarimanana. Arrivé sur le lieu vers 11 heures 10, le ministre n’est sorti du bureau qu’une heure après.

Lova Rafidiarisoa