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Editorial

Tête à queue

Tout le monde semble perdre la tête. Avec ou sans substance hallucinante. C’est le cas de le dire. De la barbarie monstrueuse, de la délinquance juvénile avilissante, des débats qui volent bas… Et on en passe et des meilleurs. Le tout sur fond de désobéissance civile sans le dire. Il n’y a pas à dire la déliquescence de la société est une réalité irréversible au quotidien.

Le début de semaine a été marqué par deux faits troublants et qui prouvent si besoin était, que l’atmosphère est très tendue, les gens sont sur les nerfs et qu’une étincelle suffirait pour tout embraser.

Un homme visiblement sous l’effet du pavot ou de l’opium qu’il confond avec une orchidée, qu’un jeune garçon a eu le malheur d’arracher le prenant pour une belladonne, s’est acharné sur sa proie comme un vautour se déchaîne sur un cadavre. Un acte d’une barbarie inénarrable a mis fin aux jours du jeune garçon. La réplique des villageois révoltés a été emprunté a talion. Le foyer du monstre a été assailli, deux de ses voitures mises à feu et sans l’intervention des gendarmes, il aurait rejoint sa victime dans l’autre monde. Le carnage a été évité de justesse mais tout danger n’est pas écarté.

24 heures plus tard, une bande de copains visiblement revigorés par du haschich, se sont amusés à insulter et menacer les gens dans une vidéo qui a choqué l’opinion. Ils n’ont pas fait long feu avant de tomber entre les mains de la police.

Une femme quant à elle a imaginé son propre kidnapping où elle réussit à semer ses ravisseurs sans perdre une mèche, dans une vidéo. Malheureusement son amateurisme l’a trahie même si elle a réussi à faire tomber dans le panneau quelques individus traumatisés par la série de rapt avec son attrape-nigaud.

Dans le Sud, la traque aux albinos continue pour des raisons absolument farfelues. On continue à croire aux légendes. On comprend mieux la situation quand la Banque mondiale fait un constat accablant et sans complaisance du système éducatif. C’est normal si on se comporte et réagit comme au Moyen âge. Cette barbarie, cette ignorance, cette anarchie, cette désobéissance, cette pauvreté extrême, sont le propre de cette partie de l’histoire de l’humanité.

Après 62 ans de retour de l’Indépendance, on est en train de remonter dans le temps et rattraper les étapes brûlées par la colonisation. Les bailleurs de fonds se trompent donc d’époque de même que les maîtres du monde qui imposent leur démocratie à un pays peuplé d’illettrés. 70 ans ne suffiront pas pour atteindre la bifurcation vers le développement.

Les grands pays ont mis plusieurs siècles pour arriver au suffrage universel. On comprend mieux pourquoi on n’arrive pas à gérer les élections comme il faut. Pour l’urgence veut qu’on doit éviter à tout prix que tous ces phénomènes sociaux ne conduisent à un suicide social involontaire.

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