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Environnement – Mobilisation générale contre la mort d’un défenseur d’aire protégée

Henry Rakotoarison fut un militant pour la défense de l’environnement.

La mort d’un défenseur de l’environnement, au début du mois, continue à susciter des réactions. Cette fois-ci ce sont les PTF qui entrent dans la mêlée.

Une pression. La missive publiée lundi, par un groupe de Partenaire technique et financier (PTF), dans le domaine de l’environnement, y a trait sensiblement.

Le communiqué est signé par l’ambassade des États-Unis, celle du Royaume Uni, la délégation de l’Union européenne (UE), par la Coopération allemande (GIZ), l’Agence française de développement (AFD), et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il fait écho aux réactions de la société civile et du Système des Nations Unies, la semaine dernière. Cette mobilisation générale est pour dénoncer le décès dans des circonstances tragiques de Henry Rakotoarisoa, un militant pour la défense de l’environnement.

Ce sexagénaire était le président du “Vondron’olona ifotony – Mailo” ou VOI – Mailo. Une association locale qui protège une réserve naturelle dans la commune de Mangarivotra, dans le district d’Andramasina. Selon la missive de lundi, «Henry Rakotoarisoa, Président du VOI MIALO, un des champions de la protection de l’environnement à Madagascar». Il a perdu la vie dans la nuit du 2 au 3 juin, après avoir été rossé par un groupe de villageois habitants d’une localité voisine.

Sans ambages, les PTF signataires du communiqué requièrent des autorités «une enquête approfondie et transparente sur cette affaire odieuse, de traduire en justice les criminels, leur donner des sanctions exemplaires et surtout renforcer la protection des personnes et groupement qui mènent le combat noble contre les trafics des ressources naturelles dans la Grande île».

La missive souligne que feu Henry Rakotoarisoa est «un acteur clé de la protection de la forêt et des bois précieux d’Ankazodandy (…) un des leaders de la communauté de base menant des combats de manière incessante contre les trafics des ressources naturelles et des espèces sauvages». De prime abord, l’idée d’un acte commandité par des magnats du trafic de ressources naturelles est dans les têtes. Une éventualité avancée par des organisations de la société civile, également.

Développement humain

Les premiers éléments de l’enquête indiquent, cependant, que le crime découle d’un différend larvé. Les villageois qui vivent des ressources de la forêt reprochaient au responsable du VOI Mailo d’avoir inscrit leur zone d’exploitation dans celle de l’aire protégée. La tension qui a couvé a, probablement, viré à un tragique règlement de compte. Trentesept personnes, «revendiquant le crime», se sont ensuite rendues à la gendarmerie nationale.

Certes, les trafics des ressources naturelles sont colossaux et la puissance, mais aussi, l’influence des trafiquants importants. Réduire ce drame à un acte prémédité et commandité par un réseau de criminels écologique pourrait, toutefois, éclipser un paramètre important. L’appropriation et l’intériorisation de la politique de protection des richesses naturelles du pays par les populations qui y vivent.

Le cas ayant mené au décès de feu Henry Rakotoarisoa et le fait que les villageois se soient solidairement rendu aux autorités pourraient être une forme de rejet de la politique environnementale. Durant une séance de questions – réponses à l’Assemblée nationale, d’une des sessions de l’année dernière, des députés ont déjà rapporté des frustrations locales à la ministre de l’Environnement de l’époque. La raison serait que l’extension de certaines aires protégées réduit les surfaces d’exploitation des villageois.

«Les ressources naturelles et leur gestion juste et durable sont la base de tout développement à Madagascar», plaide le communiqué d’hier.

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