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Editorial

Sous sérum

La Banque mondiale consulte. Ce n’est pas trop tôt. Après quarante ans de coopération sans grand résultat à en juger la profondeur de la pauvreté, la Banque mondiale lance un sondage d’opinion en ligne pour savoir les problèmes, les préoccupations et les besoins réels de la population. En somme les problématiques au développement inclusif. Une nouvelle approche qui signifie que celle d’avant n’a pas apporté les résultats escomptés. La Banque mondiale elle-même révèle que la pauvreté touche 73% de la population avec moins de 2 dollars de revenu par jour. La Covid-19 a eu pour conséquence d’aggraver davantage la pauvreté.

Par extension, ce revirement signifie également que l’État n’est plus l’interlocuteur unique et exclusif de la Banque mondiale. En quarante ans, on n’a jamais demandé l’avis de la population. Les négociations se sont toujours déroulées entre les techniciens des deux parties. Les mesures qui en sortaient étaient rarement sinon jamais en faveur de la population.

On est tous témoin de l’échec cuisant de toutes les thérapies administrées sous forme de programme dont on avait beau changer les noms, les résultats étaient le même. La responsabilité en incombe aux deux parties. Malgré cette absence de résultats probants et des dérives dans la gestion de l’argent de l’État, l’audit des bailleurs de fonds aboutit toujours à un satisfecit global. Et ils continuent à débloquer les fonds à l’infini parfois sans que le pays le demande. En quarante ans, les subventions allouées par les bailleurs de fonds devraient atteindre plusieurs milliards de dollars. Si elles avaient été utilisées selon les besoins de la population, on n’en serait pas là aujourd’hui et il y a longtemps qu’on aurait arrêté d’utiliser les sous sérum comme monnaie de change.

Que peut-on attendre de cette nouvelle approche de la Banque mondiale? Si elle tient compte des avis recueillis, c’est déjà un grand pas en avant. La suite dépend de la détermination à résoudre les problèmes ou à se faire bonne conscience et dire à l’opinion qu’on avait demandé au préalable l’avis de tout le monde, si jamais on échoue encore. Exactement comme les politiciens qui font semblant de consulter toutes les parties prenantes à un sujet pour faire adouber une décision qu’ils ont pris unilatéralement.

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