Editorial

Six mois d’émois

Que le temps passe vite. Dans deux semaines, le premier semestre sera déjà bouclé. Une période au bout de laquelle, l’heure est souvent au bilan. Des banques primaires, au nom de la transparence et par obligation, publient les leurs par des annonces légales, occupant des pages entières des quotidiens. Mais il s’agit des résultats d’exploitation de l’exercice écoulé. De 2018 à 2019. Du temps où elles étaient encore à l’abri de la contamination du coronavirus. Il fallait avoir un œil averti, l’esprit vif pour apprécier à leurs justes valeurs les statistiques, à la fois statiques et évolutives, des différents tableaux de bord.

Aujourd’hui, de nombreuses entreprises sont à l’arrêt. Plusieurs ont envoyé la plupart de leurs employés au chômage technique. D’autres ont fait faillite. Victimes collatérales des mesures édictées et imposées par l’état d’urgence sanitaire qui vient d’être prolongé de quinze jours. Le pire dans cette situation, c’est le manque de visibilité. Quand le pays va être libéré de l’emprise du coronavirus pour que les opérateurs économiques puissent faire des projections et des prévisions à court, à moyen et à long terme.

Ailleurs, l’horizon bouché s’est beaucoup éclairci par le recul du nombre des contaminés, des admis en réanimation, et des morts. En Espagne, Italie et France, la vie a presque repris son cours normal. Chez nous, la navigation à vue perdure et les pertes d’exploitation s’accumulent au fil des jours. Une société privée a pour vocation d’engranger des bénéfices, de créer des emplois et de richesses. Elle ne peut être une caserne pour une armée du salut. Ou s’engager, indéfiniment, dans des œuvres de bienfaisance. Une « spécialité » des organisations non-gouvernementales, souvent « abus lucratif ».

Sur le plan macro-économique, les constats de dépit sautent aux yeux. Pas besoin d’être un « initié » pour ressentir le caractère nocif du virus corona. Tous les indicateurs des principaux agrégats clignotent au rouge. Des facteurs interdépendants, liés comme dans un engrenage aux mécaniques bien huilées. Par les difficultés des entreprises à respirer, l’État, privé de ses ressources financières internes, générées par les impôts et taxes, se trouve aussi au bord de l’asphyxie. Les concours financiers des bailleurs de fonds, prévus à « être investis » dans la lutte anti-Covid-19, peuvent-ils maintenir sous perfusion, une économie à l’agonie?

Les premières réponses à tant d’interrogations devraient être connues dans les contenus du Plan multisectoriel, censé être celui de la relance. Avec, en toile de fond(s), le projet de loi de finances rectificative. Les deux documents attendus cette semaine, ont intérêt à être cohérents et complémentaires autant sur les moyens à mettre en œuvre que sur les objectifs à atteindre.

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