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Chronique Opinions

Gémissons

Chaque occasion de relancer la pertinence de la peine de mort est la bonne. Voilà un pays, la France, qui continue d’imprégner notre vie publique, au-delà du mot «indépen­dance», parce que la parenthèse coloniale fut forte, où l’abolition de la peine de mort, en 1981, avait pu passer pour un acte fondateur. Enfin, ce 14 juin 2016, le Premier Ministre français a dû parler de la «peine de mort» à l’Assemblée Nationale. Pour en rejeter aussitôt le principe. Par posture idéologique de cette gauche qui avait envoyé à l’échafaud un roi de France.
Rappelons qu’à Madagascar, l’Assemblée Nationale de cette législature avait abrogé la peine de mort, simplement par alignement machinal sur la position de la France et de l’Europe, sachant qu’aux États-Unis, et dans d’autres pays hautement fréquentables et parfaitement civiisés, la peine de mort continue d’être appliquée. Que faire d’un fanatique islamiste, sinon l’éliminer, à moins de l’envoyer en stage intensif de radicalisation dans des prisons dont les conditions d’isolement peuvent encore être mises à l’index par les ONG du droit-de-l’hommisme ?
Il était donc finalement islamiste, cet individu que les médias auraient d’abord voulu indifférencier, évitant soigneusement de montrer son faciès. Il a choisi d’assassiner à l’arme blanche, suivant les recommandations d’un émir en islamisme, sur le même mode opératoire que les égorgeurs fous d’Allah en Syrie, en Irak, en Libye.
L’assassin de ces policiers français était pourtant fiché et avait été précédemment condamné pour des faits de terrorisme, malheureusement à seulement quelques années de prison. S’il avait été décapité, ou fusillé, condamné simplement à mort, on n’en serait pas à se poser des questions absurdes sur les «motivations» d’un fanatique. Le fanatisme religieux en général, et islamiste en particulier, a trop de raisons qui échappent à la raison.
Une «minute silence» dans les commissariats pour répondre à l’«immense émotion». Et sans doute les fameuses cellules psychologiques pour que les victimes se confient plutôt que de se venger. Se confesser pour ne pas haïr. Pleurer pour ne pas se mettre en colère. Culpabiliser pour ne pas ostraciser. La bonté complaisante des sociétés occidentales d’après 1945 devient suicidaire.

Par Nasolo-Valiavo Andriamihaja