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Élections au sénat – La majorité pro-pouvoir dicte sa loi

Le Sénat a élu, hier, ses représentants au sein de la HCJ, la HCC, la CENI et la HCDDED. Des votes largement acquis aux candidats favoris des groupes parlementaires pro-pouvoir.

Plébiscite. Le scénario qui s’est joué au Sénat, Anosy, hier, était prévisible. L’élection des représentants de cette institution au sein de la Haut cour de justice (HCJ), notamment, était une démonstration de ce qui s’apparente à une dictature de la majorité.
Lors des votes d’hier, le groupe parlementaire « Hery vaovao ho an’i Madagasikara », (HVM), soutenu par le Groupe parlementaire présidentiel (GPP), regroupant des sénateurs désignés par le chef de l’État, a affirmé devant la séance plénière son soutien à un ou un groupe de candidats. Le groupe Bleu et son acolyte ont, surtout, démontré leur omnipotence, à Anosy, lors de l’élection des deux représentants titulaires et des deux suppléants auprès de la HCJ.
Après désistement des autres candidats, ils n’étaient plus que quatre à se présenter pour siéger au sein de la HCJ. Deux titulaires, à savoir les sénateurs Bienvenu Manjany, magistrat et Luc Raparison, médecin et deux suppléantes en la personne des sénateurs Hanitra Ramahavalisoa, administrateur civil et Brigitte Rasamoelina, médecin, élues à presque l’unanimité des votants. « L’élection de ces quatre personnalités était prévue, on a demandé aux autres de se désister. Comme tous les candidats sont issus de la majorité, il se sont arrangés entre eux », confie un membre de l’institution d’Anosy.

Noyautage
« Parmi ces institutions certains ne sont pas encore en place et d’autres attendent que leurs membres soient complétés. L’objectif de ce scrutin est de compléter ce manque et combler le vide institutionnel. Une autre voie vers la stabilité. L’essentiel est que les institutions soient en place », argue, toutefois, un autre sénateur approché, hier. Le HVM table sur le fait que sa majorité au sein du Sénat contribuera à la stabilité politique. Jusqu’ici, toutefois, les Bleus ont fait valoir leur forte domination pour « noyauter », les institutions stratégiques que sont la HCJ, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’État de droit (HCDDED), et la Haute cour constitutionnelle (HCC).
Le plébiscite n’a pas été au rendez-vous lors de l’élection de ceux qui siègeront au sein de la HCC, de la CENI ou encore le HCDDED. Ce qui a permis à Honoré Rakotomanana de déclarer à l’issue du scrutin sur les représentants du Sénat à la Commission électorale : « C’est la preuve de la démocratie. Vous pouvez constater que tous les candidats ont reçu des voix ». Une déclaration qui pourrait relever de l’euphémisme car si les voix ont été relativement partagés, ce sont les candidats soutenus par le HVM et le GPP qui ont été élus et largement.
Maria Raharinarivo-nirina, avocate, siègera ainsi, au sein de la CENI. À la HCC deux magistrats feront leur entrée, Jaobe Hilton Tiandrazana et Sahondra Randriamorasata. Pour la HCDDED, l’élu des sénateurs est Pierre le Noble Navony. « Tous ceux qui ont été élus sont acquis au pouvoir », peste un sénateur contacté. À l’issue des votes, pourtant, le sénateur Riana Andriamandavy VII défend, cependant, que « ces personnalités sont indépendantes, car dénuées de toute couleur politique ». Le scénario d’hier est, toutefois, peu rassurant.

Garry Fabrice Ranaivoson