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Editorial

Maiprise

L’épidémie de coronavirus est en recul à en juger les chiffres de ces derniers jours. Le président de la République va faire le point sur le coronavirus après un mois du retour à l’état d’urgence sanitaire. Tout indique un allègement des mesures restrictives à l’image de la réouverture des églises annoncée depuis hier bien avant l’annonce du chef de l’État. Mais il ne faut pas aller trop vite en besogne. Il ne faut pas crier victoire trop tôt.

Lors de la première vague, on affirmait à cor et à cri qu’on avait maîtrisé l’épidémie lorsque les chiffres se sont tendus vers zéro. On a abandonné toutes les mesures fondamentales et on s’est permis tous les caprices. Bains de foule par-ci, spectacles par-là ont été organisés un peu partout comme si de rien n’était. Quelques mois plus tard, on enregistre les premiers cas du variant sud-africain. Tout est allé très vite par la suite. On a dû réinstaller les CTC-19 déjà démantelés après la première vague. Pire on a dû en créer de nouveaux et réquisitionner des hôtels pour en faire des hôpitaux. On a fait face à une crise aiguë d’oxygène, de concentrateurs d’oxygène ou d’extracteurs d’oxygène. Plusieurs personnes en forme grave ont décédé faute d’oxygène.

L’orage semble être passé malgré des statistiques encore importantes et qui laissent croire qu’on n’est pas sorti de l’auberge. On n’a pas intérêt ainsi à baisser la garde, à relâcher dans le respect des gestes barrières et des mesures restrictives comme l’interdiction de rassemblement entre autres. Sinon on vivra dans un éternel recommencement. Sitôt plus ou moins éradiqué, le virus revient à la vie. Et ainsi de suite.

On risque de trimbaler la Covid-19 jusqu’à la fin du mandat de l’actuel pouvoir à l’allure où vont les choses. Si on n’a pas extirpé le virus , il reviendra dès que les conditions lui sont favorables. Il faut ainsi faire le choix entre vivre sans le coronavirus au prix de quelques sacrifices et vivre avec le coronavirus et tous les risques.

Certes, on s’est mis au vaccin mais tant qu’il reste une petite partie, aussi infime soit-elle, qui reste exposée à la contamination, on ne pourra pas avoir raison du virus. La Covid-19 serait alors cyclique comme le capitalisme avec une phase d’essor, de crise et de reprise. Pour que le vaccin ait une efficacité à l’échelle nationale, il faut qu’au moins la moitié de la population soit vaccinée. Ce qui demanderait beaucoup de temps et surtout de moyens.

Pour le moment, on souffle un peu avec cette accalmie relative en attendant que le variant indien, déjà en visite à La Réunion, nous frappe à la porte.

Il ne faut donc pas confondre maîtrise et maiprise.

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