Editorial

La capitale capitule

De faux-espoir en déconvenue. Ceux qui ont misé sur le « pur sang » de l’IRD dans la course à la mairie de la capitale, le « Grand Prix d’Antananarivo », commencent à nourrir quelques regrets. Leur favori Naina Andriantsitohaina n’a pas encore démontré, du moins pour le moment, de quoi il est capable pour redresser une agglomération à la dérive. Le capitaine d’industrie qu’il est a quand même connu d’autres situations plus chaotiques.

D’accord, il n’a pris ses fonctions que depuis quelques mois. Un laps de temps trop court pour tirer un bilan définitif de son début de mandat. Ce serait faire preuve de mauvaise foi que de lui demander monts et merveilles en un clic. Bien sûr, la lutte contre la propagation du Covid-19 a chamboulé le déroulé de tout son programme. Le « Veliaranon’Iarivo ». Ses priorités ont été reléguées au second plan. Mais c’était déjà une belle opportunité à saisir. La période du confinement partiel, dans sa forme initiale où les embouteillages ont disparu dans la nature, devait être mise à profit pour la réfection des routes. Comme l’a souhaité le président de la République Andry Rajoelina lors de l’une de ses interventions radiotélévisées.

La Commune urbaine d’Antananarivo, CUA, n’a rien entamé de ce côté-là. Elle est même prise de vitesse par le ministère de l’Aménagement du territoire et des travaux publics et le gouvernorat de la région Analamanga, affirmant avoir été sollicité par la Présidence pour s’occuper de ces axes, à peine réhabilités, mais éventrés par les intempéries du début de l’année ou par les « manœuvres de sape de la Jirama ». Qui laisse derrière elle des trous béants sans jamais les boucher comme il se doit.

Ces derniers jours, la CUA se distingue alors par la réception des aides des donateurs pour atténuer les effets induits de la pandémie pour les couches sociales les plus vulnérables, prises en charge par la mairie. Un accord de partenariat avec un puissant groupe d’entreprises vient d’être signé pour leur offrir un cadre de vie plus décent que les rues et trottoirs. Ces sans-abris ne pouvaient s’attendre à moins. Populaire, par contre, l’éviction par la CUA des trésoriers et secrétaires de certains « fokontany ». Au nom de l’austérité. Alors que les destitués ont fait leur boulot avec des rémunérations dérisoires. En parallèle, la CUA se débarrasse des oripeaux du couple Ravalomanana, que sont les kiosques en tôle. Qui ont poussé comme des champignons.

Avec le soutien sans faille et indéfectible du pouvoir central, Naina Andriantsitohaina a toutes les cartes en main pour réussir à redorer le blason de la capitale. Mais par l’indiscipline, l’anarchie et la désorganisation qui s’installent comme des règles immuables de vie, il risque plutôt de ternir l’écrin principal du régime.

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