Conjoncture économique - Crise de croissance


Le verdict est tombé. Le taux de croissance de l’économie française, en termes réels du Produit intérieur brut, PIB, connaîtrait un recul de 8% cette année. Selon les estimations objectives du ministre de tutelle Bruno Lemaire. Pas moins de 7 millions d’employés sont d’ores et déjà en chômage technique partiel. Des bureaucrates, tirés à quatre épingles du quartier huppé d’affaires de la Défense, acceptent d’embrasser une autre carrière. Celle d’agriculteur occasionnel. Pour pallier le déficit des mains d’œuvre étrangères affectées aux récoltes de l’été, bloquées qu’elles sont chez elles par les cloisons frontalières, une des premières mesures prises par les pays de l’Union européenne pour endiguer les vagues du virus corona. L’Espagne qui paie un lourd tribut du covid-19 par le nombre des morts et des contaminés, a pris le risque de reprendre certaines activités fondamentales. Trois millions de salariés ont repris le chemin du travail. Sachant qu’ils peuvent être atteints par le mal à tout moment. Car le confinement total et général qui court jusqu’au 25 avril n’a pas suffi à fléchir les courbes funestes des décès. Loin s’en faut. Il a fallu sauver ce qui peut encore l’être de l’économie tout aussi à l’agonie. Avec un pronostic vital engagé. Alors, les « nonchalants » Malgaches doivent s’attendre à quoi ? Dans la loi de finances 2020, le ministre de l’économie et des finances, Richard Randriamandrato, a fixé l’objectif de croissance globale à 5,5%. Ce qui n’a rien d’extraordinaire en rapport à l’ambition présidentielle de faire de Madagascar un pays émergent. Beaucoup s’attendaient à une progression à deux chiffres pour faire reculer au moins la pauvreté, à défaut de la faire disparaître de la circulation. En termes de manipulation des chiffres, Marc Ravalomanana a réussi un tour de passe-passe étourdissant. Par la crise politique de 2001-2002 qu’il a lui-même provoquée par son auto-proclamation d’être le président de la république, l’économie a connu une décroissance de -12%. En 2003, elle a avancé de 4%, soit un bond exceptionnel de 8%, selon Marc Ravalomanana. Alors, qu’en fait, il s’agit d’une simple interversion des signes moins et plus. De nombreux illettrés, sachant à peine compter jusqu’à dix, étaient tombés dans le panneau. Saluant avec respect, plus tard par une dévotion sans borne, les prouesses inouïes du… messie.
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