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Editorial

Chacun pour soi

Corona est de retour. Cela ne fait plus l’ombre d’un doute. Outre les statistiques redevenues quotidiennes, les sirènes des ambulances qui sillonnent les rues de la capitale à longueur de journée et de nuit sont un sérieux indice de la gravité de la situation. Malgré ces chiffres cauchemardesques, le Premier ministre Christian Ntsay est resté impassible samedi à Mandroseza où il était venu visiter les installations de distribution d’eau de la Jirama. Histoire sans doute de se rassurer si la population peut à tout moment se laver les mains pour les gestes barrières. Car le Premier ministre a été formel en écartant un éventuel retour au confinement. Mieux vaut donc renforcer les mesures fondamentales, les mesures préventives à l’instar des gestes barrières. Socialement et économiquement un retour au confinement mettrait à genoux. On ne peut plus se permettre le cynisme d’achever les quelques sociétés et entreprises qui tiennent encore le coup. Quand on sait qu’un géant des boissons alcoolisées a dû mettre à la porte plusieurs centaines d’employés et qu’un hôtel huppé de la capitale cherche repreneur, on peut avoir une idée du désastre causé par un nouveau confinement.

Jusqu’ici, les principales victimes de la pandémie restent les grands pays comme le Brésil, la Grande Bretagne où les morts se chiffrent par centaines voire par milliers par jour. Comparés à cela, nos dix-neuf morts en une semaine sont une misère. Mais comme le coronavirus a montré qu’il n’a aucune préférence tuant jeunes, vieux, riches, pauvres, blancs, noirs, jaunes, rouges, hommes, femmes, enfants, démocrates, républicains, chrétiens, musulmans…personne n’est à l’abri. La seule certitude est que corona semble interdit de séjour dans les bas quartiers. Jusqu’ici on n’a pas signalé de victimes à La Réunion Kely ou dans les endroits jugés propices à la propagation du virus.

C’est peut-être à cause de ce constat qu’il est difficile d’imposer le port de masque à une population incrédule et qui est convaincue que la Covid-19 est une maladie des riches.

En dehors de la capitale, le masque est désormais rangé dans le fin fond de la buanderie. Même dans les transports publics, c’est partout chacun fait ce qui lui plaît. Le coronavirus n’arrive qu’aux autres. La meilleure prévention est donc le chacun pour soi à défaut d’un Dieu pour tous. Plus que jamais, la survie comme le décès sera une fatalité.

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