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Échanges économiques – Le patronat veut une meilleure protection

Thierry Rajaona, président du Groupement des Entreprises de Madagascar.

Le président du Groupement des Entreprises de Madagascar, Thierry Rajaona, a rencontré le ministre des Affaires étrangères, Patrick Rajoelina. L’occasion pour lui de parler des appréhensions du secteur privé.

Le secteur privé affirme ne pas être contre des échanges économiques et commerciaux plus intenses, notamment avec l’Afrique. Mais le patronat estime qu’il faudrait bien préparer les initiatives allant dans ce sens, adopter une politique de relance et régler la question de l’énergie afin de ne pas affaiblir la compétitivité des entreprises nationales.

Lors de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, Patrick Rajoelina, Thierry Rajaona, président du Groupement des Entre­prises de Madagascar (GEM), a évoqué cette semaine les préoccupations actuelles du patronat par rapport à ce que l’ État pourrait lui faire pour développer les échanges commerciaux et pour attirer les investissements étrangers.

Ainsi, en termes d’échanges et de commerce à l’international, le président du GEM a affirmé que le secteur privé est favorable au projet d’adhésion du pays à l’espace juridique Ohada (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires) lequel consiste en des pratiques harmonisées et alignées du droit des affaires en Afrique. Au sujet de la zone de libre-échange continental ou ZLECAF, le patronat a profité de la rencontre pour souligner la position du secteur privé quant à la nécessité d’une étude avant que Madagascar ne ratifie ce traité.

Pour le secteur privé, la nécessité de bien examiner les différents paramètres avant la ratification du traité du ZLECAF, qui mettra Madagascar dans le grand bain de l’intégration économique continentale, est bien justifiable vu la taille et la force du tissu économique du pays. « Il y va de l’intérêt des entreprises et ce sont ces entreprises-là qui vont commercer et se trouver en concurrence avec des entreprises des autres pays africains », a expliqué Thierry Rajaona.

Réforme du code du travail

La rencontre avec le chef de la diplomatie malgache a ainsi permis aux acteurs du secteur privé de réitérer leur souhait de poser des balises afin que l’ouverture économique vers le continent ne se fasse au détriment des entreprises du pays. Ainsi, le patronat veut, par exemple, que les décideurs publics prennent des mesures pour promouvoir les secteurs à même de se mesurer avec ceux des pays de la région mais, surtout, de protéger les filières de production qui ne sont pas encore suffisamment compétitives.

Et c’est dans ce cadre que le GEM appelle à la mise en place d’un train de mesures fiscales pour relancer l’économie et muscler la compétitivité des entreprises. « Qui dit politique fiscale de relance dit réduction de taux d’imposition », a précisé Thierry Rajaona qui déplore la décision des autorités de supprimer les avantages fiscaux à l’instar de ceux des entreprises franches. « Ce qui dénote une absence d’incitations fiscales aux yeux des investisseurs, risquant par-là de faire chuter la compétitivité de Madagascar vis-à-vis des au­tres pays », a-t-il ajouté.

Pour les membres du patronat, les échanges économiques doivent aussi se faire au sein d’un cadre législatif clair et à même d’accompagner le développement des entreprises opérant au pays. C’est lors de sa rencontre, il y a quelques semaines, avec Gisèle Ranampy, ministre en charge du Travail, que Thierry Rajaona a insisté sur cette question « dans le contexte actuel marqué par la refonte du Code du Travail ».

Le GEM qui affirme s’être impliqué dès le départ dans tous les travaux en rapport à la redéfinition des dispositions et à la confection d’un projet de texte avec les représentants des travailleurs et ceux de l’État. Pour cette plateforme qui rassemble l’essentiel des organisations patronales en activité à Madagascar, le passage du texte ainsi élaboré, au sein de la Commis­sion de Réforme du Droit des Affaires, est capital dans la mesure où la législation du travail a une incidence économique majeure. Et que la réforme du droit des affaires peut jouer un rôle clé dans la pose de balises pour protéger le secteur privé national.

Enfin, le secteur privé réitère son souhait d’être mieux impliqué dans la définition et la mise en œuvre de la stratégie nationale pour le développement énergétique de Madagascar. Pour le GEM, le volet énergie revêt un caractère hautement stratégique pour les entreprises surtout dans un contexte où le pays envisage d’ouvrir davantage son économie. « Le besoin d’énergie tant pour les entreprises que pour les investissements justifie la nécessité de concrétiser les projets d’augmentation de la production énergétique à Madagascar et un dialogue public-privé performant est attendu », a soutenu Thierry Rajaona.

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