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Conjoncture – Risque de pénurie d’aliments cette année

Henri Randrianasolonjahary, fondateur du champ-école « Géo-bio » à Andina, Ambositra.

La production rizicole peinera à couvrir les besoins et la conjoncture mondiale ne s’annonce pas de bonne augure. Un agriculteur témoigne.

INSUFFISANCE. Un nouvel ordre mondial de consommation plane. La sécurité alimentaire ne sera pas assurée comme il se doit dans l’ensemble du pays car une pénurie est à craindre. C’est la thèse avancée par Henri Randrianasolonjanahary, un agriculteur et fondateur d’un champ-école dans la commune d’Andina, à Ambositra, région Amoron’i Mania. « À entendre les informations internationales, cette année sera encore marquée par la pandémie. Les productions de divers pays se verront réduites, à cause des contraintes imposées par la maladie. Les Européens sont en difficulté et leur politique se concentre sur la santé de leur population. Ces pays stockeront ainsi leurs produits pour pouvoir survivre tout en affrontant la maladie » explique-t-il. Ce ralentissement des échanges mondiaux en général ne sera pas bénéfique pour Madagascar vu ses dépendances alimentaires. « Le riz que nous consommons, encore importé pour la plupart jusqu’ici, sera conservé par les pays producteurs comme l’Inde ou le Pakistan, soit pour leur propre consommation intérieure, soit pour une clientèle restreinte. Il en sera de même pour les produits transformés importés qui coulent encore dans les supermarchés actuellement » alerte-t-il. Cette analyse a été discutée entre lui et d’autres agriculteurs et aussi des chercheurs dans le domaine de l’alimentaire. La production rizicole nationale sera réduite pour cause de changement climatique notamment, et la filière subira la sécheresse ou les inondations.

Bio

L’agriculteur propose urgemment de revaloriser les résultats des recherches effectuées par des centres tels que le Fofifa ou les universités, en reconsidérant ceux axés sur les variétés de riz résilientes ou adaptées au climat actuel. « Des experts Malgaches en riziculture préfèrent travailler aux Philippines ou au Vietnam car ils se sentent négligés à Madagascar. Alors que ce sont des connaisseurs, sortants de l’Agro de l’Université d’Antananarivo, en SRA ou SRI » souligne-t-il. Les champs et rizières qui connaissent la sécheresse devront être substitués par de la culture semi directe ou par une autre technique culturale telle que la riziculture pluviale. « Notre champ-école expérimente depuis des années les bienfaits du Compost sept jours. Une technique bio qui permet à la fois d’obtenir un meilleur rendement mais qui ne coûte pas cher. » explique-t-il. Un procédé à la malgache qui consiste entre autres à utiliser du son de riz bouilli et de petites vermines, à conserver pendant quinze jours. Un engrais passe-partout qui préserve les éléments nutritifs du sol. Henri Randrianasolon­janahary préconise également un changement d’habitude de consommation en remplaçant le riz par d’autres aliments de substitution comme le manioc, le maïs ou la patate douce.

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