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Editorial

Pire Noël

Les fêtes ne s’annoncent pas bonnes. Loin s’en faut. Jamais la conjoncture n’a été aussi dure et compliquée pour tout le monde. La nature et les Dieux sont visiblement contre nous. À moins qu’on doive s’en mordre doigts pour avoir brûlé les forêts, coupé les arbres, remblayé les marais et rizières, saccagé les aires protégées. Résultats des courses, on va passer Noël sans chemise et sans pantalon. C’est tout comme où c’est pire sans eau et sans électricité. On a beau dire « que la lumière soit » et taper sur les interrupteurs à longueur de journée, on finit par s’abêtir. C’est pire pour l’eau sans laquelle aucune vie n’est possible. On ne sait plus ce qui se passe réellement. La Jirama continue de gaver ses abonnés d’explications aussi farfelues que fallacieuses pour masquer une gabegie inénarrable et une incompétence monstrueuse. On a beau changer le DG trois fois, la situation a empiré d’une année à l’autre. De 10 minutes tournantes au début, le délestage est passé à une demi heure pour finir une journée entière actuellement. La période du délestage est plus longue que le moment où l’électricité éclaire les foyers. À se demander si on ne devrait pas inverser les termes.

Quant à l’eau, la Jirama a d’abord martyrisé ses abonnés en ouvrant les vannes à deux heures du matin pour deux heures d’approvisionnement. Puis aujourd’hui il n’y a plus rien, plus une seule goutte depuis plusieurs jours voire semaines. La Jirama contraint la population à vivre dans des conditions de pauvreté dignes du Moyen Âge. Même les amoureux ne peuvent plus vivre d’eau fraîche à moins d’acheter une bouteille d’eau minérale en attendant que les eaux de source se tarissent également.

Le drame est que la situation est sans issue. Avec le passif de la Jirama qui ne pourra pas être apuré de sitôt, tout se tient à des questions financières. Les fournisseurs de la Jirama réchignent à honorer leur obligation tant que les arriérés ne sont pas réglés. Avec les détournements et la mauvaise gestion de la société, la situation se complique. Le remboursement exigé par la Banque mondiale a fini par émasculer la Jirama incapable d’honorer le contrat avec les usagers.

C’est dans ce décor lugubre que la population s’apprête à vivre Noël. On espère toujours une magie, un miracle même si on sait que tout cela n’a rien de divin. Et on passe sur le prix des marchandises qui flambent malgré les efforts de l’État pour les contenir. Eh oui, c’est incontestablement le pire Noël qu’on ait jamais vécu. Et dire que coronavirus sera aussi de la fête.

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