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Institution financière – La Caisse d’Epargne de Madagascar mal en point

Le rapport de la Cour des comptes hier sur la situation de la Caisse d’épargne révèle des anomalies de gestion. Une nouvelle politique commerciale suggérée.

Dégradation. La plus ancienne institution financière de Mada­gascar est indiquée par la Cour des comptes comme en décadence inquiétante. 303% de pertes avec 2, 5 milliards ariary de pertes en 2016 et 4, 45 milliards ariary en 2017 ont été révélées par le rapport public alors que trois années plus tôt, le résultat net de la Caisse d’épargne de Madagascar a été significatif avec de 2,15 milliards ariary.

« L’institution appartient 100% à l’état malgache avec un capital de 5, 5milliards ariary. Avec un million cent mille membres, la Caisse d’épargne de Madagascar a été en mesure de financer de nombreux projets en détenant entre autres un compte de dépôt au Trésor. Le service de transfert de devises avec Western Union a fait ses preuves des années auparavant. L’institution a enregistré près de 28 milliards de chiffre d’affaires. Mais sa situation financière se dégrade d’année en année », évoque le rapporteur de la Cour des comptes hier. Six principaux points d’« anomalies » ont été soulignés dont le manque de politique commerciale digne d’une grande institution financière de renom comme la Caisse d’épargne de Madagascar. Cette dernière est indiquée ne plus gagner des marchés avec un faible taux d’intérêt de 3% pour les épargnes entre autres et ne plus proposer d’octroi de crédit.

Agressivité
Les comptes livret-épargne, les comptes spéciaux d’épargne, le service de transfert d’argent ou encore le compte spécial retraite, proposés actuellement ne sont pas ainsi suffisants pour affronter le rude marché du secteur financier. L’institution est dite en incapacité d’affronter le mouvement flottant du cours de devises et du taux directeur et est limitée dans ses comptes de dépôt. Les terrains et propriétés bâties appartenant normalement à la Caisse d’épargne de Madagascar ne sont pas correctement inscrits à son nom. Aussi, lui a-t-il été proposé d’étayer une agressivité commerciale dans ses vingt-quatre agences éparpillées dans le pays dont 90% des activités se concentrent seulement dans onze d’entre elles. « La Caisse d’épargne de Madagascar doit revoir sa politique commerciale selon la situation actuelle du marché, utiliser les derniers chiffres et statistiques de la Banque mondiale ou de l’Institut national de la Statistique. D’autres offres commerciales à fort intérêt doivent être élaborées et enfin l’institution doit régler la question d’agrément encore non résolu auprès de la Commission de supervision bancaire et financière (CSBF) pour être classée dans les Institutions de micro-finances Catégorie 3 », suggère la Cour des comptes. La Caisse d’épargne de Madagascar est incitée par ailleurs à suivre les principes de fiabilité et d’exhaustivité des informations financières car ses états financiers présentent encore des lacunes avec entre autres, en 2016, le basculement du Plan comptable général vers le Plan comptable des établissements de crédit sans un tableau de correspondance. Le compte des immobilisations corporelles a été maladroitement mélangé avec le compte des immobilisations en cours.

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