Accueil » Economie » Éric Jean Roy SAMBATRA – « La transition énergétique, nécessaire mais insuffisante »
Economie

Éric Jean Roy SAMBATRA – « La transition énergétique, nécessaire mais insuffisante »

Docteur en génie électrique, directeur de l’école du génie industriel à l’institut supérieur de technologie d’Antsiranana, coordonateur de Festii au sein de l’Ist-D, Éric Jean Roy Sambatra parle de ses convictions environnementales.

  • Pouvez-vous présenter en quelques lignes le programme Formation et enseignement supérieur pour la transition énergétique dans les territoires insulaires et en indianocéanie ou Fesstii.

Il s’agit d’un projet Eras­mus avec la contribution de l’Agence universitaire francophone, Auf, réunissant plusieurs établissements d’enseignements supérieurs, Ees, de six territoires Insu­laires dont trois pays programmes (la Laguna pour l’Espagne; les Açores pour le Portugal; La Réunion pour la France) et six pays partenaires (Madagascar; Comores et l’Ile Maurice). Il se porte sur une thématique phase, vue comme étant un défi majeur des pays membres, qui est la transition énergétique mariant la migration progressive vers l’usage des sources renouvelables mais aussi l’appropriation de l’efficacité énergétique. La mission des Ees étant de mettre à disposition du marché des techniciens qualifiés en la matière et de mettre à contribution leur savoir-faire en recherche et développement, ce consortium est un levier de renforcements de capacités par des partages de bons procédés, mobilités enseignantes et étudiantes, formations thématiques, promotion de l’entrepreneuriat, diffusion scientifique, révision de maquettes de formation initiale et réflexion sur la formation continue dans une vision régionale, sensibilisation à tout niveau, mais aussi et surtout l’opérationnalisation d’un réseau d’Ees.

  • Pourquoi précisément ce besoin en renforcement des compétences des ressources humaines dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique ?

Une étude préalable appuyée par la Commission de l’océan Indien, COI, nous a permis de mener des analyses prospectives et un diagnostic de l’existant auprès des acteurs dans le domaine de l’énergie des Iles. Ainsi, il en était sorti que le marché de l’océan Indien manque remarquablement de techniciens qualifiés en la matière alors que le marché est en plein essor. De surcroît, la cartographie des Ees des îles vient consolider cette thèse car bien que des formations dédiées au secteur soient opérationnelles, des écarts importants sont observés entre les contenus dispensés et les besoins du milieu professionnel. Des renforcements de capacités sur plusieurs dimensions étaient donc inévitables pour assurer l’ancrage des acquis académiques aux tissus professionnels.

  • La COP 27 vient de tenir ses assises en Égypte. Quel rôle pourrait jouer votre programme dans la résolution des enjeux en faveur de la protection de l’environnement et du climat à Madagascar?

La maîtrise de l’énergie est l’affaire de tout un chacun. L’usage des énergies renouvelables seules ne serait pas la solution à long terme mais le point d’équilibre convergerait plutôt vers le mix-énergétique en promouvant de manière exponentielle, l’effi­cacité énergétique. Bon nombre de ménages et d’indus­tries, entreprises restent inconsciemment énergivores, ainsi, à l’instar du Programme national sur l’efficacité énergétique, Pnee, de l’Île Maurice, une sensibilisation massive accompagnée d’une législation devrait être mise en œuvre. En sachant que le combustible le plus utilisé à Madagascar reste l’exploitation forestière, la conscientisation de la population sur la meilleure gestion des forêts et l’appui de l’État et/ou pourquoi des autres Partenaires techniques et financiers, Ptf, sur la migration vers l’usage d’autres combustibles s’avèrent incon­tournables. Le projet y contribue par des campagnes de sensibilisation à plusieurs niveaux mais aussi par la mise à disposition de techniciens qualifiés qui sont censés poursuivre les diffusions. À noter que plusieurs volets de la maîtrise de l’énergie sont abordés tels que la maitrise des déchets et le recyclage sans parler des autres dimensions.

En quoi un tel programme est-il opportun pour les territoires Insulaires et en Indianocéanie?

Les îles ont des défis majeurs communs et plusieurs points de ressemblance en termes de potentiels et de besoins. Le projet vise à opérationnaliser un réseau d’Ees et de professionnels en vue d’orchestrer des stratégies de formation prenant en considération les besoins communs tout en gardant les particularités de chaque pays. Ceci dans le but d’insuffler la possibilité d’interactivité régionale et surtout l’ouverture de l’insertion professionnelle vers les pays voisins sans forcément faire appel à des expertises internationales.

  • À titre personnel, ou à l’issue de votre formation, que souhaiteriez-vous développer ou mettre en place pour lutter contre le réchauffement climatique et favoriser la transition énergétique?

Des actions sont déjà menées au sein de notre établissement mais elles ont besoin d’appuis. Les actions à court terme s’articulent autour de trois points majeurs. D’abord, la consolidation des initiatives sur la préservation de l’écosystème tel que le reboisement systé­matique, la maîtrise des déchets, la promotion de l’énergie renouvelable, et de l’Ee par des campagnes de sensibilisation. Puis, l’extension des formations existantes à l’échelle régionale en se concentrant sur les besoins régionaux tout en garantissant les adaptations locales. Enfin, L’opérationnalisation du réseau d’Ees et mise en place d’un pôle de recherche et développement régional en matière de transition énergétique.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter