Notes du passé

Début de la reconstitution du domaine foncier

Douze officiers-ingénieurs, vingt six contrôleurs et quatre-vingt huit gardes, tel est l’effectif du service des Eaux et Forêts quand il fonctionne en 1950. À l’époque, la situation générale est très défavorable du fait des conséquences de la guerre. C’est aussi le début du redressement de la situation grâce aux instructions données par le haut commissaire, Robert Isaac Barges, dans deux circulaires, du 4 avril et du 21 août 1950.

La répression des auteurs de destruction des forêts est encore l’activité la plus importante du service à l’époque, la reconstitution du domaine forestier n’est commencée que dans la province de Fianarantsoa, tandis que les questions techniques et scientifiques sont pratiquement délaissées. Il n’existe que cinq stations forestières à l’époque, à savoir Manjakatompo, Analamazaotra, Marohogo, Ambila et Ampama­herana. « Au total, les surfaces reboisées au cours de l’année 1950 par le service des Forêts s’élèvent à 90 hectares pour tout Madagascar » (Bulletin de Madagascar, septembre 1961).

Parallèlement, des textes sont pris, durant la décennie précédant l’Indépendance, afin de remanier l’organisation et les attributions du service. Ainsi, par l’arrêté du 2 octobre 1950, un Bureau de conservation des sols est créé. Le 17 novembre 1952, le service des Eaux et Forêts est réorganisé, tandis que le 24 juin 1957, l’arrêté sur le service de conservation des sols est également publié, modifié par celui du 9 juin 1958. La section de défense et restauration des sols, désormais rattachée au Bureau de la recherche appliquée, est également réorganisée le 6 octobre 1960.

Ces réformes permettent d’équiper le service en matériels et bâtiments, mais aussi d’entreprendre des actions productives que le manque de crédit et de personnel ne favorise pas. Ainsi, sont envisagées et construites des écoles forestières et la cité-logement d’Ambatobe, la maison à usage de logement et de bureaux du service provincial de Maha­janga, ainsi que des cases sur les stations d’Analamazaotra et d’Ambila. En même temps, les travaux de conservation des sols démarrent sur une grande échelle au lac Alaotra, puis en divers points de l’ile, notamment sur les Plateaux.

De grands chantiers de reboisement sont mis sur pied, principalement à Menaloha, Sahabe, Manamontana dans les environs du lac Alaotra, Ambila, Sakaramy à Antsiranana, Tsaramandroso à Mahajanga, Ampamaherana à Fianarantsoa, Tsiazompaniry à Antananarivo, Anorotsangana à Ambanja, la Basse-Mahavavy à Ambilobe, les dunes de l’Androy. Au début des années 1960, la plupart de ces chantiers fonctionnent toujours.

En 1954, débutent les actions piscicoles avec l’établissement de stations d’expérimentation et la vulgarisation de la pisciculture familiale. La même année, le service des Eaux et forêts entreprend une opération très intéressante d’aménagement ou d’amélioration des rizières de bas-fond dans les zones forestières. L’objectif est surtout de protéger les forêts menacées de tavy en donnant aux populations locales la possibilité de se procurer le riz nécessaire à leur alimentation, sans recourir aux pratiques ancestrales et dévastatrices de la culture sur brûlis.

Faut-il aussi rappeler que, dès 1950, des travaux sont réalisés en vue de la production de quinine à Madagascar. Le service des Forêts s’est vu allouer des crédits importants pour la plantation du quinquina et de la construction d’une usine d’extraction. Des plantations sont créées à la Mandraka et à la Montagne d’Ambre, mais « l’usine n’a jamais été construite ».

Enfin, au titre du paysannat, des crédits sont obtenus dès 1955 pour de petites actions de vulgarisation dans les groupements de collectivités. Crédits destinés aux reboisements villageois, à la construction des plantations de raphia, etc.

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