A la une Politique

Jirama : Le contrat des fournisseurs à réviser

Le CA de la Jirama a présenté une feuille de route pour remettre la compagnie sur les rails. La révision des contrats des fournisseurs est impérative.

Le fraichement nommé président du con­seil d’administration de la Jirama, Solo Andriama­nampisoa, a pointé du doigt les contrats assassins qui lient la compagnie à ses fournisseurs dans la production d’électricité.

La révision de ces contrats se trouve au cœur de la feuille de route pour ramener la compagnie nationale à l’équi­libre. Le PCA a mis en avant le déséquilibre flagrant entre les recettes et les dépenses de la Jirama.

Ce déséquilibre est accentué par la facture que la compagnie doit à ses fournisseurs concernant le prix du carburant et surtout la location des groupes électrogènes. Pour Solo Andriamanam­pisoa, cette situation doit cesser et cela passe en grande partie par une renégociation des contrats.

Dans son allocution lors de l’évènement pour marquer ses cent jours à la tête du pays, Andry Rajoelina s’est voulu ferme sur ce sujet. Évoquée depuis février, la renégociation des contrats n’a cependant connu d’avan­cée significative qu’en octobre avec la résiliation du contrat avec Jovena.

Lors de la présentation de la feuille route, à Anosy samedi, le PCA a, une nouvelle fois, montré une volonté de la compagnie de reprendre la main sur ces contrats. « Nous allons poursuivre les discussions avec les fournisseurs en leur indiquant les prix qui conviennent à la Jirama. Si aucun consensus n’est trouvé pour un contrat, nous pouvons voir d’autres fournisseurs », a lancé Solo Andriamanam­pisoa qui a également indiqué l’exigence de machines moins énergivores chez les prestataires.

Le PCA a, par ailleurs, souligné le recours désormais au système de coût complet pour ces contrats avec un coût moyen de 18 cents le KWh contre 30 cents actuellement. Autre solution avancée pour réduire le coût, l’importation directe de carburant.

Subvention incontournable

Ces mesures entrent dans l’amélioration de la performance opérationnelle de la Jirama avec la lutte contre les différentes pertes techniques et non techniques qui grèvent également les comptes de la compagnie. Au total, cela devrait permettre à la Jirama de gagner jusqu’à 360 milliards ariary soit 32% du déficit.

Solo Andriamanam­pisoa a, toutefois, déclaré que le redressement de la Jirama ne pourra se faire sans subvention dans un premier temps. Sans préciser le montant de ces aides de l’État, il a indiqué que l’équilibre devrait être atteint dans deux ans.

À la question épineuse du tarif au niveau des abonnés, le PCA a indiqué qu’il n’était nullement question de hausse, soulignant une mauvaise interprétation par la presse des conclusions de la dernière étude commanditée par la Banque mondiale. « L’amélioration du revenu tarifaire avancée par les experts de la Banque mondiale ne veut pas dire une hausse de tarif. La Jirama va s’atteler à une optimisation. On a trouvé qu’il y a des catégories de gros clients qui paient plus bas que les autres », a précisé Solo Andriamanampisoa.

Quoi qu’il en soit, parmi les raisons de la détérioration de la situation de la Jirama, la feuille de route a précisé l’absence de révision des tarifs, surtout les tarifs inférieurs aux coûts.