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Editorial

Les feux de la mort

Le pays brûle. C’es t le moins que l’on puisse dire et ce n’est pas nouveau. Depuis la première République on a commencé à lutter contre les feux de brousse. Un timbre-poste avait été édité à cet effet à titre de sensibilisation de la population. « Ceux qui brûlent les tanety, brûlent le pays ». C’était le petit slogan imprimé sur le timbre-poste.

Durant la seconde république, les pyromanes étaient carrément qualifiés d’ennemis de la nation. Mais le fléau ne s’est jamais estompé. Pire d’une année à l’autre, les superficies incendiées, les forêts détruites gagnent davantage en importance. Réchauffement climatique étant, pauvreté aidant, il est devenu de plus en plus difficile de conscientiser la population à la base dont le niveau d’éducation précaire ne permet pas de comprendre l’importance de la biodiversité et de l’écosystème. Elle se demande toujours pourquoi on consacre des millions de dollars pour sauvegarder les lémuriens ou pour tuer les criquets alors que la population du Sud meurt de faim. Un paradoxe difficile à expliquer et qui rend complexe la lutte contre les feux de brousse.

C’est d’autant plus difficile que depuis 60 ans et malgré la création du ministère de l’Environnement, aucun effort n’a été fait pour protéger les forêts avec des moyens adéquats et un personnel qualifié. Il est impossible de protéger avec les moyens du bord un parc national de la dimension d’Andasibe ou d’Ankarafantsika.

Mais autant on n’investit pas dans les ambulances pour les hôpitaux publics, dans les équipements pou r les sapeurs-pompiers, autant on continue d’éteindre les feux de brousse avec les forces du bras. C’est une mission impossible. Même avec des moyens sophistiqués et suffisants, les Australiens ne sont pas parvenus à maîtriser les incendies qui ont ravagé des millions d’hectares de forêt l’année dernière. Pareil pour les Américains en Californie récemment, les Français, les Grecs…

Avec l’ampleur du réchauffement climatique, les incendies peuvent être provoqués sous l’effet de la forte chaleur sans intervention humaine. C’est de plus en plus fréquent. Outre la détérioration de la faune et flore, les conséquences des feux de brousse se font sentir au quotidien avec les problèmes d’approvisionnement en eau dus au tarissement des sources et des nappes phréatiques. Et si les feux de la mort continuent de façon irrépressible, on vivra dans quelques années sur une île dénudée. C’est loin d’être un feu d’hiver.

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