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Construction – Coût élevé du remblayage dans la capitale

Les  remblais  restent  interdits  mais  des  gros  moyens se  déploient  chez  ceux  qui  osent  les  faire.

À côté des constructions illicites entreprises sans permis de construire dans les endroits les moins accessibles des quartiers de la capitale, le remblayage réapparaît en force.

Jour et nuit, le remblayage de terrains en basse altitude de la capitale se poursuit et concerne notamment les rizières rescapées des appropriations par des industries. « Le moindre prix du m2 du terrain du côté des surfaces lacustres et rizicoles justifie le choix des acheteurs. Une somme modique suffit à faire céder un terrain quasi-encerclé par son propriétaire. Tous les arrondissements dans la capitale comptent encore des rizières et terrains de plantations qui sont les plus convoités. Une fois l’achat consommé, le travail de remblayage démarre », assure un urbaniste résidant à Antananarivo.

Dans différents quartiers où divers remblayages sont actuellement en cours, un témoin parle de « l’existence de contrôle mené sur le terrain par des agents publics qui préfèrent soutirer de l’avantage financier aux maîtres des lieux et cette pratique s’est consolidée durant le confinement ». Cette année, la Municipalité a suspendu l’octroi d’autorisation de remblai et de déblai.

En dépit de cette mesure municipale, les constructions s’érigent sur des marais remblayés et rizières comblées dans des quartiers de la capitale.

Moyens colossaux

« Il faut payer 40 000 ariary à une camionnette transportant de la terre pour remblayer une zone humide. On peut négocier et ce tarif peut descendre jusqu’à 10 000 ariary. Le but étant de ne pas attirer des curieux étant donné qu’aucun doute ne sera émis vis-à-vis de la circulation diurne et nocturne d’une camionnette », indique un chauffeur qui s’est reconverti dans la conduite d’engin utilisé pour le remblayage.

Selon toujours son témoignage, « il faut être fortuné si on veut remblayer un terrain. Il faut plusieurs voyages réalisés par une camionnette pour réussir à terminer le remblai d’une surface où une construction en dur est prévue. Un devis ne suffit pas, il est plutôt question de ressources financières énormes. Pour les petites habitations, la surface sur laquelle existent les constructions a été acquise à un prix très moindre par rapport aux dépenses occasionnées par le remblayage».

D’après le témoignage d’une dame ayant pu construire sa villa sur un terrain remblayé, « la valeur estimative du terrain où a été construite cette villa est vingt fois moins chère que le coût du remblayage qui y a été réalisé ». Dans la capitale, à la veille de la saison pluvieuse où les inondations s’accroissent en raison de la multiplication des remblais en basse altitude de la ville, les évacuations des eaux usées s’obstruent.

Selon la précision d’un urbaniste, « la législation indique l’exercice d’une police de l’urbanisme par l’autorité compétente à l’origine de la délivrance des permis. Il existe par exemple le permis de construire, le permis de remblai ou de déblai. En 2018, c’est en conseil des ministres même que la décision de suspension de tout remblayage à Antananarivo a été prise. Si l’administration municipale actuelle observe toujours cette mesure et compte la perpétuer, elle doit mener des actions palpables de poursuite et de répression des remblais et déblais toujours en cours. La crise sanitaire accentue le dépassement des règles d’urbanisme ».

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