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Chronique

Il y a 125 ans, le 14 juillet 1896

Il y a 125 ans, mardi 14 juillet 1896, les Tananariviens découvrirent le tout premier «14 juillet» jamais célébré publiquement. Ils se mirent au diapason dès que le drapeau français fut hissé au sommet de Manjakamiadana. Le monumental palais lui-même, visible alentour, était déjà pavoisé «entièrement d’oriflammes et de drapeaux tricolores».

La journée débuta, à 8 heures 30, par une revue militaire sur la place d’Andohalo. Invitée à présider la cérémonie par le général Voyron, Commandant supérieur du corps d’occupation, la Reine Ranavalona III fut reçue par le Résident Général Hippolyte Laroche et son épouse à son arrivée.

À la fin de la revue, Ranavalona III, accompagnée de sa tante Ramasindrazana, vint à la Résidence générale d’Ambohitsorohitra saluer le Représentant de la République française.

Dans l’après-midi, à 13 heures, un culte ordonné par la Ranavalona III se tint au temple Antranovato d’Anatirova auquel participèrent le Résident Général et le Commandant Supérieur des troupes. Le pasteur Lauga, qui officiait, rendit hommage à «la beauté sublime du dévouement» du pasteur Johnston et du père Berthieu, respectivement frappés à Arivonimamo et Ambohibemasoandro, par la vindicte de la rébellion Menalamba.

Le soir du 14 juillet, la Reine et son entourage, répondant à l’invitation à dîner, se rendirent de nouveau à la Résidence générale. Les exégètes du protocole noteront avec gourmandise qu’à la table principale, le Résident Général avait à sa droite la Reine, et à sa gauche l’épouse du Procureur Général, tandis qu’à droite et à gauche de la maîtresse de maison prirent respectivement place le Général Voyron et le Secrétaire Général.

S’ensuivit un bal, auquel se joignirent d’autres invités. La Reine se retira, à 4 heures du matin seulement, comme se plaît à le souligner «Ny Gazety Malagasy» (Journal Officiel de Madagascar et de ses dépendances) du 17 juillet suivant.

Huit jours plus tard, Ranavalona III tint à donner un bal dans le grand salon du palais de Manjakamiadana. Les invitations avaient été envoyées à la colonie européenne qui y répondit, avec à sa tête le Résident Général et Mme Laroche. «Ny Gazety Malagasy», créé treize ans plus tôt par le Premier Ministre Rainilaiarivony, mais désormais contrôlé par les services de l’administration française, souligna la «toilette française» de la Reine «en velours frappé, de couleur mordorée» rehaussée de diamants. Les hommes étaient en habit noir: «Très peu de lamba. Les amateurs de couleur locale ont dû le regretter. Ils se sont rattrapés sur le spectacle de quelques danses malgaches intercalées parmi les danses européennes» (Ny Gazety Malagasy, 24 juillet 1896).

Ces échanges de civilités se passèrent avant l’adoption par le Sénat français et la Chambre des députés de la loi d’annexion du 6 août 1896, «déclarant Madagascar et les îles qui en dépendent colonie française». Loi qui sera promulguée à Madagascar le 18 septembre 1896. Dans cette édition du dimanche 27 septembre 1896, le «Journal Officiel de Madagascar et Dépendances», reprenait à son compte l’héritage des treize années de publication, mais inaugurait une pagination «An Un d’une nouvelle ère». La partie malgache, «Ny Gazety Malagasy» était désormais reléguée en page douze.

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