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Chronique

Le maillage des CSB

Tout n’est pas parfait. Mais, le Président de la République a raison de répliquer qu’ aucun pays ne maîtrise parfaitement la crise sanitaire due au coronavirus Covid-19. Sauf peut-être le Vietnam, qui ne compte toujours aucun mort selon des chiffres officiels dont rien, même pas son régime de parti unique, ne permet de douter.

Tout ce qu’on sait, c’est qu’on ne sait rien. Aucune formule toute faite n’existe. Depuis six mois, l’Humanité est dans l’improvisation permanente. Alors qu’on nous avait dit que le virus se transmettait uniquement par contact humain ou par les gouttelettes, voilà que 239 scientifiques de 32 pays deman­dent à l’OMS d’annoncer que le virus pourrait très bien voyager dans l’air, surtout dans un espace clos. À ce stade, ce n’est pas le milliard annoncé qui sera contaminé, mais au moins, la moitié de l’Humanité.

Le Chef de l’État a cité les CSB II (centre de santé de base de niveau II) des six arrondissements de la Ville d’Antananarivo (18), Avaradrano (5), Atsimon­drano (4). On suppose que, pour la Région Analamanga, les autres Fivondronana (Ambohidratrimo, Manjakandriana, Anjozorobe, Andramasina, Ankozobe) disposent des mêmes infrastructures minimales.

Pour apprendre du Vietnam, et de son système d’action en amont qui lui permet d’afficher zéro victime, il nous aurait fallu disposer déjà de la base du système de santé de Cuba (cf. «Cuba Salva», Chronique VANF, L’Express de Madagascar, 4, 6 et 7 juillet 2020). Si les CSB I ne dispensent que des services de vaccination et des soins de santé de base, les CSB II disposent de médecins, paramédicaux, infirmiers, sage-femmes et offrent des soins de maternité.

Ces CSBII auraient pu être à Mada­gascar ce que les «polycliniques de proximité» sont à Cuba: dans le système voulu par Fidel Castro, chaque polyclinique compte un médecin, un infirmier, un interniste (spécialiste de médecine interne), un pédiatre, un gynéco-obstétri­cien et un psychologue. Éventuellement un dentiste. Le principe est de permettre à un certain nombre de patients de se retrouver dans le périmètre d’un centre de soins primaires.

Dans la Région Analamanga, comme dans l’ensemble de Madagascar, les CSB sont malheureusement «implantés en priorité au niveau des chefs lieux de commune». Voilà un autre aveu de notre conception très particulière de la décentralisation. Sur une île aussi vaste que la France et le Benelux réunis, et dont les routes et les transports sont problématiques, des CSB II seraient tellement plus utiles en quittant le centre pour se rapprocher de la population, implantant la prévention dans le voisinage et les soins dans la proximité.

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