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Editorial

As des piques

Des opposants sont aux anges. Les données statistiques liées à la crise sanitaire sont conformes à leurs attentes et à leurs souhaits. Exprimés à vive voix. Des contaminés par milliers, des morts ramassés à la pelle, faisant du surplace dans les cimetières et débordant des fosses communes provisoires. Ils attendent désormais de récupérer les dividendes politiques de leur « funeste investissement », si l’on peut dire. La finalité de leur manœuvre consisterait à cueillir le fruit trop mûr qui tomberait de lui-même. Ils espèrent que le régime actuel, en détresse respiratoire, deviendrait inopérant de fait, face à l’avancée du rouleau compresseur de la pandémie.

Comme il sera impossible pour le gouvernement d’imposer et de dicter un confinement total à l’italienne, à l’espagnole et à la française, à cause de la pauvreté de la grande majorité de la population, les Malgaches pourront encore vaquer à leurs occupations quotidiennes. Comme si de rien n’était. Avec leur nonchalance collective et par la contagion de l’indiscipline qu’on leur connaît, ils deviennent tous des porteurs potentiels et dangereux de la Covid-19.

Et avec cette hypothèse des plus inquiétantes des spécialistes internationaux, que le mal peut frapper depuis l’air ambiant, les traditionnels gestes barrières risquent de ne plus suffire pour le mettre hors d’état de nuire. L’Organisation Mondiale de la Santé, OMS, a pris en compte la tribune signée par 239 éminents chercheurs, exprimant une crainte plausible sur la capacité du virus à apprivoiser un environnement hostile. En évoquant pourtant cette éventualité, Donald Trump a été la risée de cette même communauté scientifique.

L’ouverture des trois Centres de traitement de la Covid-19, à Ivato, Alarobia et Mahamasina ne peut que corroborer les supputations selon lesquelles de nombreux malades non-testés continuent de propager le coronavirus à leur insu, et des décès suspects hantent les nuits des quartiers entiers. D’autant que le président de la République Andry Rajoelina, a estimé que les pics n’ont pas encore été atteints. Qu’il faille attendre la fin du mois d’août pour espérer la décrue.

Mais comme aucune loi de probabilité-statistique n’a été suivie par la courbe de données quantifiées liées au coronavirus, tout le monde se trouve dans l’expectative face aux agissements d’un ennemi invisible. Devenu un allié circonstanciel pour des membres de l’opposition qui se frottent déjà les mains. Mais ont-ils eux aussi, des remèdes-miracles pour remettre le pays sur la voie de la guérison. Ne serait-ce que sur le plan économique et financier où tous les compteurs sont remis à zéro. Où tous les voyants du tableau de bord clignotent au rouge. Sur ces points précis, se gargariser des critiques contre productives ne changera rien.

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