Faits divers

Sakoamadinika Tsaratanàna – Des bavures militaires mises au grand jour

Des militaires dépassent les bornes, dans la circons­cription de Tsaratanàna.

Un meurtre suivi d’incendie et des violences sexuelles commis par un bataillon en mission d’apaisement à Tsaratanàna sont maintenant percés à jour.

Fusillés de critiques, les militaires envoyés depuis Antanana­rivo, en mars, à la circonscription de Tsaratanàna ont mené cruellement leur mission de pacification, selon des témoignages concordants. Pas plus tard que la nuit de jeudi 30 mai, ils sont venus jusqu’à la commune de Sakoamadinika, à quatre-vingt kilomètres du chef-lieu du district, une zone limitrophe d’Ambatondra­zaka, pour chasser un villageois qu’ils accusaient d’être un dahalo.

Ils l’ont rejoint chez lui, cette nuit-là, et inspecté son domicile. Puis, ils ont trouvé son fusil de chasse. D’après les informations rapportées par une source locale, cette personne d’une cinquantaine d’années détenait légalement cette arme depuis quelques années. Or, la troupe n’aurait voulu rien savoir et commençait à torturer ce quinquagénaire tout en l’interrogeant. Sitôt avisé, un gendarme à la brigade de Sakoamadinika, en tenue, mais pas armé, s’est précipité à moto sur les lieux.

Le présumé dahalo a déjà été blessé gravement lorsqu’il y est arrivé. Il a compté l’évacuer à l’hôpital et l’a fait monter sur sa moto,
mais il n’a pas pu faire grand chose sous les menaces du bataillon. « Il a alors exigé que ce père de famille soit livré à la gendarmerie pour être enquêté, mais les soldats ont refusé. Parmi ces derniers, figurait un ancien dahalo notoire en tenue militaire, disposant d’un kalachnikov dans ses mains. C’était lui qui a tonné le gendarme », relate notre source.

Exécuté
Au final, les militaires ont réclamé dix millions d’ariary à la famille du quinquagénaire contre sa libération. Pourtant, les villageois n’ont pu collecter que six millions d’ariary. Du coup, la négociation ne s’est point déroulée comme elle a été convenue et l’otage a froidement été exécuté au nez et à la barbe du public. Avant de repartir avec la rançon, l’armée a encore mis le feu à quelques maisons.
Un élu local en personne avait filmé toute cette scène de crime scandaleux. Certains supérieurs de ces hommes de troupe déployés à Tsara­tanàna ont donc été avisés des faits, mais ils semblent rester de marbre.

« Cet escadron en question a déjà été épilogué pour viol des femmes au village de Soarano. Leurs victimes n’ont néanmoins pas porté plainte pour qu’on se permette d’ouvrir une enquête », indique un officier supérieur à la compagnie de la gendarmerie de Tsaratanàna.
Des éléments des Forces armées ont repris ces derniers temps la tournure de l’affaire Antsakabary de 2017. Un récent bilan du ministère de la Défense nationale fait état de trente-quatre militaires incarcérés pour les mêmes actes.

 

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