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Région Diana – Le Festival Donia à l’heure de l’austérité budgétaire

Avant la clôture du festival la course moto de djabala  a  draine une foule immense.

La fête est finie et les esprits se libèrent. Le rideau est tombé sur le festival Donia 26e édition qui s’est déroulé à Nosy Be durant la semaine de la Pentecôte. 

Avant la clôture du festival la course moto de djabala
a draine une foule immense.

Contrairement aux précédentes éditions, l’aîné des festivals culturels et musicaux de Madagascar n’a pas pu honorer son engagement, tant au niveau de l’organisation que des objectifs. Cette fois, rigueur a rimé avec austérité.
Le Comité d’organisation du Festival de Nosy Be (Cofestin) a, en effet, adopté cette politique afin d’économiser à d’autres fins. Ainsi le nombre des participants au traditionnel carnaval a été réduit, la participation des sponsors affaiblie, l’effectif des artistes diminué. Côté artistes étrangers, seul le groupe de Pop Rock réunionnais Rassiga est venu à Nosy Be.
Cependant, si les deux premières manifestations nocturnes n’ont pas connu une grande affluence, la 26e édition du festival Donia s’est achevée dans l’apothéose le week-end de la Pentecôte. Il a surtout eu le mérite d’avoir eu lieu malgré tout, tou en prouvant que Donia est incontestablement le festival régional malgache le plus célèbre et le plus rassembleur. Une cinquantaine de stands variés ont été installés autour du stade pour accueillir les festivaliers qui ont eu droit à la fête de la gastronomie locale, avec les mosakiky (brochettes), les pakopako, la soupe, le saoaba et les grillades de poissons frais. Comme la brasserie Star a sponsorisé l’événement, la bière a coulé à flot.

Satisfaite des résultats de cette édition, l’organisation a néanmoins affirmé que le festival s’est tenu pour respecter une promesse faite. Malgré cette satisfaction , elle reste lucide et évoque les choses à parfaire dans les éditions futures.
« Financièrement, nous pouvons dire que la 26e édition du Donia a été assez positive malgré les deux soirées timides du début. La politique d’austérité de 2019 nous a permis de maintenir le cap », souligne Daniel  Boisson,président du Cofestin.
De son côté, le vice-président, Sanna Vincezo, a tenu à préciser que le non-paiement de la somme de 20 millions d’ariary promis par  le ministère du Tourisme l’année dernière, a néanmoins eu un impact sur la trésorerie du Cofestin. Selon  lui, une convention a été   signée entre  les deux parties, mais le ministère de tutelle n’a pas honoré son engament. « Il nous manque ces 20 millions car ayant  confiance en lui, nous avions déjà engagé des dépenses », explique-t-il .

À l’heure du bilan des quatre jours de manifestation, le Cofestin s’est réjoui, le week-end de la Pentocôte, de la venue de plus de trente mille mélomanes au stade d’Ambodivoanio. Si les spectacles des grosses pointures de la musique malgache comme Ambondrona, Dalvis, Janga Ratah, Jerry  Marcos n’avaient pas, pour la première fois, attiré la population de Nosy Be, la plus belle affluence a été le samedi avec les groupes Smaven et Sisca. Mais aussi le groupe « Tokiky », la génération montante des humoristes malgaches ui ont assuré avec brio tous les changements de plateau entre chaque artiste.

Une cinquantaine de stands aux produits vériés ont été installés autour du stade pour satisfaire les festivaliers.

Fête du « salegy aoe »
Certes, initialement le festival Donia a pour mission de faire découvrir tous les rythmes de musique sans exceptions, mais il s’est plutôt appuyé sur le salegy, la musique « fétiche » et sacrée du Nord de l’ile.
Ce samedi, dès 19 heures, les festivaliers se sont dirigés vers le stade d’Ambo­divoanio. Lors d’une bousculade au portail d’entrée sous contrôle des forces de l’ordre, ils ont abimé le chalet du Cofestin. Vers 21 heures, le stade était plein à craquer. À l’entrée, des commerçants de bandeaux rouges et de briquets ont fait  des affaires. Les spectateurs ont utilisé ces accessoires durant la prestation de Sisca, la princesse du salegy aoe , un rythme qui est très en vogue actuellement, dans le Nord. La plupart des danses et des chorégraphies du salegy sont actuellement au diapason de la nouvelle cadence du rythme Salegy  aoe. Celui-ci est inspiré d’une danse populaire de la brousse de Sambirano.
Sisca a été précédée par les groupes locaux tels Antoinette, Zanak’Androy, Feon Ylang. Puis le Tamatavien Smaven, Gladel Jaofera Rasolofonjatovo de son vrai nom, a pris le relais et a su embraser la foule, à majorité jeunes, par ses live  énergiques et son salegy mixé au coupé-décalé. Vers 23 h45, une étoile filante a traversé le podium. D’aucuns ont prononcé des vœux silencieux pour la venue de la star du salegy aoe surnommée Mama aoe. Effectivement, elle a fait son entrée en vedette, sous les acclamations de la foule en délire. Ceux qui ont payé pour entendre ses morceaux les plus récents, n’ont pas été déçus. Les quatre danseuses et quatre danseurs ont fait l’unanimité. Ils étaient parés différemment de rouge, de jaune, de vert… pour mettre un peu de couleur au spectacle. Et ce fut l’osmose

complète. Sisca, tout de blanc vêtue, s’en est donnée à cœur joie.
Beaucoup de gens ont attendu à l’extérieur du stade, juste pour écouter la musique. Par les temps qui courent, payer 7 000 ariary n’est pas à la portée de toutes les bourses. D’autres se sont contentés de se défouler dans la rue.
Pour l’énième fois, le groupe Fandrama a clôturé la 26e édition du festival Donia, dimanche. Encore une fois, son salegy dévastateur et communicatif a fait danser la foule jusqu’au petit matin.
Pour l’équipe organisatrice, la fatigue accumulée durant cinq jours et cinq nuits s’est envolé. D’autres membres ont dansé et chanté en arrière-plan. Le chef de la région DIANA par intérim, Malaza Ramanama­hafahay a été sur place pour clôturer officiellement
l’édition 2019.