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Environnement – Des migrants détruisent la réserve d’Ankarafantsika

En grave danger. C’est ce qui résume la situation de l’aire protégée d’Ankarafantsika à l’heure actuelle. Le fait est dû à des flux migratoires qui viennent du Sud de l’île, contraints d’abandonner leur terre natale pour survivre. Une importante perte en forêt a été constatée ces quinze dernières années. « Mille six cent cinquante hectares ont été brulés, savanes comprises, dont huit cent cinquante-huit hectares de forêt perdue en 2017 et vingt- huit hectares en 2018 », détaille Jaotera, directeur du Parc d’Ankarafantsika.
Cette migration massive est due à la sécheresse et la pauvreté. C’est le cas pour cette petite famille qui s’est installée dans la commune d’Andranofasika. « Je suis parti d’Ambovombe dans l’Androy avec ma femme et mes enfants et nous sommes arrivés ici, à Ambongomaranitra. Là-bas, il n’y a ni eau, ni travail pour subvenir aux besoins familiaux. La vie y est très difficile », regrette Namin­drantsoa.

Monnal Rakotondrabe, président du fokontany d’Ambogomaranitra, dans la commune d’Andrano­fasika, constate :
« Actuellement, sur une population de 4 326 personnes, les migrants en constituent les 70 % dans notre fokontany. »
Si ces migrants sont considérés comme des réfugiés climatiques, leurs activités constituent une menace pour l’existence de l’aire protégée. Parce que étant installés aux alentours du Parc, ils pratiquent le feu de brousse et la culture sur brûlis. « Après le tavy, ils plantent du maïs, du ojy, du manioc puisque la terre est beaucoup plus fertile dans les zones de protection du Parc. Les migrants commencent par brûler la forêt pour s’y installer et planter des cultures rentables. Par la suite, ils se lancent aussi dans la fabrication du charbon pour les vendre», indique Gilbert, maire de la commune de Marosakoa.

Outre Andranofasika, douze autres communes sont exposées à ce fléau, dont des zones de protection aux environs du parc d’Ankara­fantsika. « La forêt limitrophe dite zone de protection de cette réserve naturelle de biodiversité est en voie de disparition car, depuis quelques années, des migrants se sont implantés. Ils exploitent de manière illicite la forêt », dénonce le maire de la commune de Marosakoa et selon lui, la situation empire « Si nous n’agissons pas, la forêt va disparaître dans les cinq prochaines années », conclut-il.

 

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