Faits divers

Corruption à Antanimora – Des sorties de détenus dénoncées

Les dénonciations de corruptions relatées provoquent un tollé à Antanimora.

Des agents pénitentiaires dénoncent une aberrante corruption. Une femme fortunée voit tous les soirs un jeune gendarme incarcéré et le fait sortir les week-end.

Remue ménage à la maison centrale d’Antani­mora. En début de semaine, des membres du personnel de cet établissement pénitentiaire ont mis sur le tapis une suspicion de corruption qui a de quoi laisser pantois. « Une femme d’âge mûre vient chaque soir à l’établissement pour rendre visite à un jeune gendarme détenu. Par des moyens qui laissent rêveur, ils ont acquis le droit de s’enfermer à double-tours dans l’infirmerie pour se livrer à des embrassades ainsi que des actes obscènes et indécentes », fulmine l’un des délateurs.

« Et pire encore, la femme fortunée fait sortir le jeune gendarme de son lieu de détention tous les week-end. Pas plus tard que samedi et pendant toute la journée du lundi de pentecôte, le détenu était avec sa partenaire venue le chercher dès le début de matinée pour l’y ramener au coucher du soleil. Pendant toutes leurs escapades ils sont escortés par un agent pénitentiaire quasiment attitré. C’est plus un compagnon puisqu’il n’y a jamais de rotation », poursuit le dénonciateur. Il crève au passage l’abcès sur de potentielles corruptions carcérales, jusqu’alors bien camouflées.

Les autorités judiciaires ont été tout récemment informées de l’affaire.

Faits suspects
« Des mesures ont été prises pour resserrer la vis dans le système de fonctionnement même de la prison. Un assainissement a été appliqué en crescendo pour faire régner la discipline et pour que le professionnalisme soit de rigueur. Depuis maintenant près de deux semaines, les dispositions préconisées sont en vigueur, ce qui ne semblent pas plaire aux détracteurs contraints d’abandonner les magouilles ainsi que les pratiques répréhensibles, d’où les coups bas multiples », déplore le chef de la maison centrale.

Sur cette même lancée, il porte au grand jour des faits suspects mettant en cause des membres de ses brigades, et qui nuisent de surcroît fortement au bon fonctionnement de l’administration dans l’établissement carcéral dont il se trouve à la tête.
« Comme par enchantement, des pannes majeures viennent par exemple mettre à mal l’outillage informatique et les rapports ne sont pas établis. Il y a lieu de noter que ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres », déplore-t-il.

Pour ce qui est des sorties sujettes à des chahuts, il met en avant qu’il relève de la responsabilité de l’administration pénitentiaire de veiller à ce que les détenus jouissent des droits fondamentaux comme celui de pouvoir se faire soigner ou consulter en cas de maladie. Il peut arriver que des traitements spécialisés soient prodigués en dehors de l’établissement.

En saisissant la balle au bond, il confie avoir mis en garde ses supérieurs hiérarchiques comme quoi l’assainissement qu’il a initié ne serait pas du goût de tout le monde et que les attaques dirigées contre lui aujourd’hui ne l’étonnent guerre.
En guise de conclusion, il évoque la thèse selon laquelle des collègues malintentionnés qui usent de tous les moyens pour l’éjecter du poste qu’il occupe pourrait être les cerveaux de ces dénonciations en question, qu’il qualifie d’ailleurs de calomnieuses.