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Visite inopinée du ministre des finances – Les failles du système fiscal mises à nu

Il aura fallu une descente inopinée de Gervais Rakotoarimanana, ministre des Finances et du budget pour découvrir le fonctionnement de notre fisc.  Cette visite a mis à nu les failles de notre système de recouvrement fiscal.

Les employés de la direction régionale des  impôts Ana­lamanga ont passé un mauvais quart d’heure avec Gervais Rakotoarimanana, ministre des Finances et du Budget. Une visite inopinée de ce responsable, suite à des plaintes des entreprises, a permis de découvrir certaines faille dans le traitement de dossier des contribuables, notamment les entreprises. Le manque de professionnalisme de l’équipe a irrité ce membre du gouvernement. « Le traitement de dossier doit suivre les procédures indiquées dans le code général des impôts. Comment se fait-il qu’il y ait une grande différence entre ce qui est réclamé aux entreprises et ce qu’ils ont payé. Il devrait y avoir une traçabilité sur le traitement des dossiers », tance ce spécialiste en vérification fiscale.
Pris de court, les employés se sont retrouvés dans la panique. Arrivé avec son staff sur le lieu lundi à 10 heures 20, le ministre s’est précipité au second étage, l’endroit où l’on traite les dossiers fiscaux des entreprises. Tout a commencé dans une ambiance conviviale pour finir en une demande d’explication. « Les entreprises veulent jouer le franc-jeu et dénoncent certaines pratiques du fisc. Des informations parviennent à mon bureau que des employés du fisc travaillent aussi pour le compte des entreprises. C’est pourquoi je suis venu ici pour voir de près cette situation et la manière dont vous travaillez », lance le ministre à l’endroit des employés du service régional des entreprises.

Chasse au trésor
Les questions s’enchaînent. Les demandes se suivent. Le ton monte. « Combien de dossier traitez-vous ici   Pourriez-vous me sortir les prévisions et les résultats réalisés   », ordonne avec fermeté le grand argentier. Son regard se tourne vers les responsables vers lesquels sont en même temps braqués les caméras et micro des journalistes. « En tout, nous traitons environ 1 600 dossiers. Notre prévision pour cette année est de 135 milliards Ariary », réplique la chef de service  régional des entreprises. Les quelques heures passées avec le membre du gouvernement semblait une éternité pour cet inspecteur des impôts. Iouri Garisse Razafindrakoto, directeur général des impôts tente bien que mal d’apporter son soutien à ses collègues.
Insatisfait, le ministre réclame plus de résultat aux responsables. « Cette prévision ne colle pas aux nombres de dossiers traités. Je suis convaincu que vous pouvez obtenir plus de recette fiscale que prévue », a jugé le ministre Gervais Rakotoari­manana. En bon spécialiste en vérification fiscale, rien n’échappe au ministre. Pour s’attaquer au mal, il passe en revue le cycle de traitement de dossier. Il réclame deux dossiers au hasard. Et là, tout le monde s’est mis en œuvre pour trouver le bon dossier. Oui le bon ou le parfait dossier. Là où il n’y a ni erreur ou faute pour mettre fin à la situation. Certains fouillent dans les armoires de classement, d’autres recherchent dans le système informatique. C’était une vraie chasse au trésor. Puisque la moindre erreur coûterait très chère aux employés du fisc. Saint Mathieu, le saint patron des fiscalistes n’était pas avec eux ce jour là.
Mais la situation a tourné mal quand le ministre a constaté une défaillance dans le dossier. Le grand écart entre les montants réclamés par le fisc et le paiement effectué par l’entreprise irritait le grand argentier du gouvernement Mahafaly. « Com­ment expliquez-vous cette grande différence   Tout le monde doit payer son impôt », demandait-t-il. Le silence régnait dans la salle. « Vous devriez gérer les dossiers d’une manière transparente », a-t-il continué avant de quitter la salle à 11 heures 55 minutes. Le ministre promet que des « mesures seront prises après cette visite ». Des têtes vont-elles tomber

Lova Rafidiarisoa